Mojtaba Khamenei désigné pour succéder à son père comme guide suprême de l'Iran
Mojtaba Khamenei succède à son père comme guide suprême iranien

Mojtaba Khamenei désigné pour succéder à son père à la tête de l'Iran

Dimanche, Mojtaba Khamenei a été officiellement désigné pour prendre la succession de son père, Ali Khamenei, comme guide suprême de la République islamique d'Iran. Cette annonce intervient après la mort de l'ancien leader, tué lors de frappes américano-israéliennes le 28 février dernier, à l'âge de 86 ans, après plus de trois décennies au pouvoir.

Une succession longtemps spéculée malgré les démentis

Le nom de Mojtaba Khamenei, religieux de 56 ans né le 8 septembre 1969 dans la ville sainte de Machhad, circulait depuis des années comme potentiel successeur. Pourtant, en 2024, Ali Khamenei avait publiquement démenti un tel scénario, rappelant que la Révolution islamique de 1979 avait mis fin à des siècles de monarchie héréditaire. Mojtaba est l'un des six enfants de l'ex-guide suprême et était le seul à occuper une position publique, bien que sans fonction officielle déclarée.

En raison de sa discrétion légendaire, son influence réelle a fait l'objet d'intenses spéculations au sein de la population iranienne et dans les cercles diplomatiques internationaux. Portant une barbe poivre et sel et le turban noir des « seyyed », les descendants du prophète Mahomet, il a souvent été décrit comme le véritable patron agissant dans l'ombre du bureau de son père, au cœur même du pouvoir iranien.

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Profil et controverses d'une figure clé

Mojtaba Khamenei est considéré comme proche des conservateurs, notamment en raison de ses liens étroits avec les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique. Ces relations remontent à son engagement dans une unité combattante durant la guerre Iran-Irak (1980-1988). Le Trésor américain, qui lui a imposé des sanctions en 2019, affirme qu'il représentait officiellement le guide suprême sans avoir jamais été élu ou nommé à un poste gouvernemental, en dehors de ses fonctions au sein du bureau paternel.

Selon les autorités américaines, Ali Khamenei avait délégué une partie de ses responsabilités à son fils, qui aurait travaillé en étroite collaboration avec la Force Qods et les Bassij pour faire avancer des ambitions régionales déstabilisatrices et des objectifs intérieurs répressifs. Des opposants iraniens l'ont également mis en cause dans la violente répression du mouvement de contestation suivant la réélection du président Mahmoud Ahmadinejad en 2009.

Réactions internationales et enjeux économiques

Le président américain Donald Trump, qui avait revendiqué jeudi être « impliqué » dans le choix du nouveau guide, a clairement exprimé son refus de voir le fils succéder au père. De son côté, le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a averti mercredi que tout successeur d'Ali Khamenei deviendrait « une cible ».

Sur le plan économique, une enquête de Bloomberg révèle que Mojtaba Khamenei se serait fortement enrichi en tissant un vaste réseau de sociétés écrans à l'étranger. Sur le plan religieux, il a étudié et enseigné la théologie dans la ville sainte de Qom, atteignant le rang d'hodjatoleslam, un titre clérical intermédiaire inférieur à celui d'ayatollah porté par son père et Rouhollah Khomeini.

Sa femme, Zahra Haddad-Adel, fille d'un ancien président du Parlement, a également péri dans les frappes ayant coûté la vie à Ali Khamenei et son épouse, selon les déclarations des autorités iraniennes. Cette désignation marque un tournant majeur pour l'Iran, avec un nouveau leader dont l'influence, longtemps souterraine, est désormais exposée au grand jour.

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