Alors que les États-Unis ont annoncé une nouvelle salve de sanctions économiques contre l'Iran, la télévision d'État iranienne a diffusé une vidéo intitulée « Où et comment devons-nous tuer Barron Trump ? », mettant en scène le fils du président américain et promettant une prime de 10 millions de dollars (8,5 millions d'euros) pour sa tête. La vidéo, diffusée dimanche 23 août sur la troisième chaîne d'État, modélise le quartier et l'université du jeune homme de 20 ans, affirmant qu'il est « entièrement surveillé ».
Une vidéo de menaces explicites diffusée par la télévision d'État
La vidéo montre Barron Trump avec une manette de jeux vidéo dans les mains et un maillot de l'équipe de football d'Arsenal sur les épaules. Une voix off prétend avoir trouvé une brèche dans la sécurité du jeune homme, évoquant une femme qui aurait réussi à déjouer les services secrets américains et échangé en privé avec lui via des messages sur Xbox. Cette diffusion intervient alors que Donald Trump annonçait un nouveau train de sanctions économiques censées causer « l'effondrement » de l'Iran.
Les services secrets américains réagissent
Les services secrets américains ont réagi à cette diffusion. Nate Herring, porte-parole des services secrets, a déclaré à CNN via un communiqué : « Les services secrets américains ont pris connaissance de la vidéo et enquêtent sur tout élément pouvant être perçu comme une menace envers les personnes qu'ils protègent. Par souci de sécurité opérationnelle, nous ne commentons pas les questions de renseignement relatives à la protection. »
Un contexte de représailles après l'assassinat de l'ayatollah Khamenei
Ces menaces s'inscrivent dans un contexte de représailles après l'assassinat de plusieurs cadres iraniens, dont celui de l'ayatollah Ali Khamenei, le 28 février, au début de la guerre en Iran. En juillet, l'agence de presse Tasnim, affiliée aux gardiens de la Révolution, avait déjà diffusé une vidéo intitulée « Où et comment tuer Melania Trump ? », pointant les habitudes de shopping de la première dame comme une « faiblesse » et appelant des « combattants de la liberté » à agir. Un panneau d'affichage sur la place de la Révolution islamique à Téhéran avait montré le président américain apparemment mort dans un cercueil, avec les mots « Nous tuerons Trump » inscrits en anglais.
L'escalade des tensions entre Washington et Téhéran
Mohsen Ghanbarian, une figure régulière de la chaîne de télévision d'État, s'adressant à une foule rassemblée à Téhéran le 30 juin, avait déclaré : « Si nous n'appliquons pas la loi du talion à Trump, si nous ne punissons pas l'assassin de notre dirigeant, le dirigeant actuel et les dirigeants de la République islamique devront toujours vivre dans la clandestinité. » Le président des États-Unis avait promis le 20 janvier dans un entretien avec NewsNation que « l'Iran tout entier exploserait » en cas d'attentat contre sa vie, affirmant que les États-Unis « rayeraient la République islamique de la surface de la Terre ».
Le gouvernement américain a affirmé lundi sa volonté de « couper toutes les ressources économiques » de l'Iran et adressé un avertissement ferme aux pays qui continueraient à soutenir Téhéran, qui voit là un « aveu de défaite » des États-Unis. Lors d'une conférence de presse à Washington, le ministre des Finances Scott Bessent a présenté un nouveau train de sanctions touchant les partenaires commerciaux de l'Iran, sur l'or, la technologie, les actifs numériques, l'aviation et le transport maritime, sans préciser quand elles entreraient en vigueur ni quels pays pourraient se retrouver dans le viseur des États-Unis.



