L'Iran affirme que le Liban est partie intégrante du cessez-le-feu et menace d'une réponse ferme
Dans un contexte de tensions exacerbées au Moyen-Orient, le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a lancé un avertissement sévère jeudi. Il a déclaré que toute violation du cessez-le-feu, qui inclurait selon Téhéran le territoire libanais, provoquerait une « réponse ferme » de la part de l'Iran. Cet avertissement intervient au lendemain de frappes israéliennes sur le Liban ayant causé la mort de plus de 200 personnes mercredi, relançant les craintes d'une escalade régionale.
Un cessez-le-feu aux interprétations divergentes
Le cœur du différend réside dans l'inclusion ou non du Liban dans l'accord de cessez-le-feu provisoire de deux semaines, négocié entre l'Iran et les États-Unis via la médiation du Pakistan. Mohammad Bagher Ghalibaf a martelé sur le réseau social X que « le Liban et l'Axe de la Résistance tout entier, en tant qu'alliés de l'Iran, forment une partie inséparable du cessez-le-feu ». Il a ajouté un appel pressant : « Éteignez l'incendie immédiatement ».
Cependant, cette position est fermement contestée par Washington. Le vice-président américain JD Vance a qualifié la situation de « malentendu » mercredi soir. « Je crois que les Iraniens pensaient que le Liban faisait partie du cessez-le-feu, et ce n'était tout simplement pas le cas. Nous n'avons jamais fait cette promesse », a-t-il affirmé à l'issue d'une visite en Hongrie. Il a laissé entendre que l'Iran assumerait la responsabilité de l'échec des négociations s'il persistait sur cette ligne.
Le Pakistan au centre de la controverse
Les autorités iraniennes s'appuient sur une déclaration publique du Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, pour étayer leur revendication. Dans la nuit de mardi à mercredi, ce dernier avait annoncé sur X : « J'ai le plaisir d'annoncer que la République islamique d'Iran et les États-Unis, ainsi que leurs alliés, ont accepté un cessez-le-feu immédiat partout, y compris au Liban et ailleurs, AVEC EFFET IMMEDIAT ».
Mohammad Bagher Ghalibaf a insisté jeudi sur le caractère irrévocable de cette annonce : « Le dirigeant pakistanais a mentionné publiquement et clairement la question du Liban. Aucun démenti ou retour en arrière n'est possible ». Cette citation est devenue la pierre angulaire de l'argumentaire iranien.
Un contexte régional extrêmement volatil
Cette dispute diplomatique survient dans un climat déjà très tendu :
- Les frappes israéliennes meurtrières de mercredi au Liban ont dramatiquement illustré la persistance des hostilités.
- Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a réaffirmé que son pays frapperait le Hezbollah, mouvement libanais pro-iranien, « partout où il le faudra ».
- L'Iran considère le Liban et le « l'Axe de la Résistance » comme des alliés stratégiques, ce qui explique sa fermeté sur leur inclusion dans tout accord.
Les prochains jours seront cruciaux pour déterminer si ce différend d'interprétation peut être résolu ou s'il risque de faire dérailler complètement le fragile cessez-le-feu, avec des conséquences potentiellement désastreuses pour la stabilité de toute la région.



