Huit mois après le cessez-le-feu, l'avenir des Gazaouis en suspens
Huit mois après le cessez-le-feu, l'avenir des Gazaouis en suspens

Huit mois après l'entrée en vigueur du cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, le 24 mai 2024, la situation des Gazaouis demeure extrêmement précaire. Selon un rapport de l'ONU publié le 10 juillet, plus de 80% des infrastructures de la bande de Gaza sont détruites ou endommagées, et 1,9 million de personnes (sur une population de 2,3 millions) sont déplacées. La reconstruction, estimée à plusieurs milliards de dollars, n'a pas encore commencé, en raison de blocages politiques et logistiques.

Un cessez-le-feu fragile mais tenu

Le cessez-le-feu, négocié sous l'égide de l'Égypte et du Qatar, a mis fin à 11 jours de combats intenses en mai 2024. Bien qu'aucune violation majeure n'ait été signalée, les négociations sur un retrait israélien complet et la levée du blocus sont au point mort. "Le cessez-le-feu tient, mais il ne résout rien sur le fond", explique Michael Fakhri, rapporteur spécial de l'ONU sur le droit à l'alimentation, cité par l'article. "La population de Gaza est prisonnière d'une zone dévastée, sans perspective de reconstruction ni de liberté de mouvement."

Une crise humanitaire sans précédent

L'aide humanitaire reste insuffisante. Selon l'UNRWA, seuls 40% des besoins en nourriture sont couverts, et 70% de la population n'a pas accès à l'eau potable. Les hôpitaux fonctionnent à 30% de leur capacité, faute d'électricité et de fournitures médicales. L'économie locale est anéantie : le chômage atteint 75% et 90% de la population vit sous le seuil de pauvreté. "Les Gazaouis ont besoin de plus que de simples trêves ; ils ont besoin d'une solution politique durable", déclare Philippe Lazzarini, commissaire général de l'UNRWA, dans un communiqué repris par l'article.

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Des négociations de paix bloquées

Les pourparlers indirects, menés au Caire, achoppent sur plusieurs points : la démilitarisation du Hamas, la levée du blocus israélo-égyptien, et le contrôle des frontières. Israël exige des garanties de sécurité, tandis que le Hamas réclame un allègement significatif du blocus. "Tant que les causes profondes du conflit ne seront pas abordées, tout cessez-le-feu ne sera qu'une trêve temporaire", souligne l'analyste politique Mouin Rabbani, interrogé par le journal.

Un avenir incertain pour les Gazaouis

La communauté internationale peine à mobiliser des fonds pour la reconstruction. Une conférence des donateurs tenue en juin n'a récolté que 1,5 milliard de dollars, bien loin des 5 milliards estimés nécessaires par la Banque mondiale. "Les promesses de dons ne se concrétisent pas", regrette un responsable de l'ONU sous couvert d'anonymat. "Pendant ce temps, des millions de Gazaouis vivent dans des abris de fortune, sans espoir de retour chez eux."

Le rapport de l'ONU conclut que sans une avancée politique rapide, la bande de Gaza risque de devenir inhabitable d'ici 2025. "Le temps presse", alerte Michael Fakhri. "Chaque jour qui passe sans reconstruction aggrave la souffrance et réduit les chances d'une paix durable."

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