Arnaque au botox : des fausses injectrices mettent en danger leurs clientes
Arnaque au botox : des fausses injectrices dangereuses

Des fausses professionnelles de l'esthétique, nombreuses sur les réseaux sociaux et motivées par l'appât du gain, pratiquent des injections illégales de botox et d'acide hyaluronique, mettant en danger la vie de leurs clientes. Une enquête de Cécile Deffontaines, publiée le 10 juillet 2026, révèle les dessous de cette arnaque dangereuse.

Des injections illégales pratiquées par des non-médecins

Les injections de botox et d'acide hyaluronique ne peuvent être pratiquées que par des médecins : chirurgiens plasticiens, dermatologues et praticiens formés à la médecine esthétique. Même les infirmières n'ont pas le droit d'exercer ce type de pratique, selon la législation française. Pourtant, de nombreuses femmes se tournent vers des injectrices non qualifiées, attirées par des tarifs attractifs et des promesses de résultats.

Le cas de Madeleine E., une fausse infirmière anesthésiste

Madeleine E., qui se présentait comme infirmière anesthésiste sur son compte Instagram france_madoucelips, inspirait confiance. Elle s'affichait en blouse professionnelle, gants noirs et seringue à la main, mettant en garde contre des tarifs trop bas et expliquant les injections qu'elle refusait de pratiquer. Sa spécialité était le BBL (Brazilian butt lift), ou lifting des fesses brésilien.

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Sarah, une jeune femme de 34 ans, a été séduite par son apparente bienveillance et les photos avant-après. Elle a payé 3 000 euros pour recevoir 800 millilitres d'acide hyaluronique injecté dans ses fesses, espérant un résultat bombé.

Une intervention dans un Airbnb vétuste

L'intervention a eu lieu le 27 février dans un Airbnb à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis). L'adresse a été communiquée à la dernière minute, ce qui a surpris Sarah. « J'ai été guidée par un garde du corps qui mesurait deux mètres, et elle m'a injecté l'actif en chantant dans une chambre vétuste », raconte-t-elle.

Selon l'enquête, Madeleine E. utilisait un langage technique rassurant : « Elle parlait de posologies, de canules, c'était rassurant », témoigne une autre victime. Mais ces pratiques sont illégales et dangereuses, pouvant entraîner des infections, des nécroses ou des défigurations.

Un phénomène en expansion sur les réseaux sociaux

Les fausses injectrices prolifèrent sur Instagram, TikTok et Snapchat, proposant des interventions à des prix défiant toute concurrence. Selon les autorités sanitaires, ces pratiques clandestines sont en forte hausse, alimentées par la demande croissante de chirurgie esthétique à bas coût.

Les victimes, souvent jeunes et influencées par les réseaux sociaux, ignorent les risques. « Je ne pensais pas que c'était si grave », confie Sarah, qui a depuis découvert que son injectrice n'avait aucun diplôme valide. Madeleine E. n'était pas infirmière anesthésiste, contrairement à ce qu'elle affirmait.

Des conséquences graves pour la santé

Les injections illégales peuvent provoquer des complications sévères : infections bactériennes, embolies vasculaires, nécroses cutanées, voire décès. Selon un rapport de l'Ordre des médecins, plusieurs cas de complications graves ont été signalés en France ces dernières années.

Les autorités appellent à la vigilance et rappellent que seuls les médecins qualifiés sont autorisés à pratiquer des injections esthétiques. Les victimes sont invitées à porter plainte et à signaler les comptes suspects sur les réseaux sociaux.

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