Alors que la communauté internationale espérait une accalmie, la trêve annoncée à Gaza s'avère être une trêve de façade. Les frappes israéliennes se poursuivent, rythmant le quotidien des habitants, et les bilans humains s'alourdissent. Selon les autorités locales, au moins 12 personnes ont été tuées dans la nuit, portant le nombre total de victimes à plus de 300 depuis le début de l'offensive.
Une trêve fragile dès le départ
La trêve, négociée sous l'égide de l'Égypte et du Qatar, devait entrer en vigueur à l'aube. Mais dès les premières heures, des frappes ont été signalées dans le sud de la bande de Gaza, notamment à Rafah et Khan Younès. Les habitants, qui avaient espéré un répit, décrivent une situation toujours aussi insoutenable. "On nous a dit que la trêve commençait, mais les bombardements n'ont jamais cessé", témoigne un habitant de Rafah, joint par téléphone.
Les autorités israéliennes justifient ces frappes par des "violations" de la trêve par le Hamas, qui aurait tiré des roquettes vers le territoire israélien. De son côté, le Hamas dément et accuse Israël de ne pas respecter ses engagements. Cette escalade verbale et militaire laisse peu de place à l'espoir d'un cessez-le-feu durable.
Un bilan humain lourd
Le ministère de la Santé de Gaza, contrôlé par le Hamas, a fait état d'au moins 12 morts dans les dernières 24 heures, dont des femmes et des enfants. Depuis le début de l'opération israélienne, le bilan dépasse les 300 morts, selon les mêmes sources. Les hôpitaux, déjà submergés, peinent à faire face à l'afflux de blessés. "Nous manquons de tout : de médicaments, de carburant, de personnel", confie un médecin de l'hôpital Al-Shifa de Gaza-ville.
La communauté internationale, bien que préoccupée, semble impuissante. Les États-Unis ont appelé à la retenue, tandis que l'Union européenne a demandé une enquête indépendante sur les violations du droit international. Mais aucune mesure concrète n'a été prise pour faire cesser les violences.
Impact humanitaire désastreux
Au-delà des pertes humaines, la trêve brisée aggrave la crise humanitaire. Selon l'ONU, plus de 80 % de la population de Gaza dépend désormais de l'aide alimentaire, et l'accès à l'eau potable est devenu critique. Les écoles et les hôpitaux sont souvent pris pour cible, et les déplacements de population se multiplient. "Chaque jour, des familles fuient leur maison sans savoir où aller", rapporte un responsable de l'UNRWA.
Les négociations pour une trêve durable semblent au point mort. Les médiateurs égyptiens et qataris tentent de relancer le dialogue, mais les positions restent éloignées. Le Hamas exige la levée du blocus, tandis qu'Israël demande la démilitarisation de la bande de Gaza. En attendant, les habitants de Gaza paient le prix fort d'un conflit qui n'en finit pas.



