Les frappes américaines menées dimanche sur l'île iranienne de Larak ont fait deux morts et plusieurs blessés, selon un responsable cité par l'agence de presse officielle iranienne Irna. En représailles, les Gardiens de la Révolution ont attaqué des bases utilisées par les États-Unis en Jordanie et aux Émirats arabes unis, qui dénoncent une « escalade dangereuse ». Ces événements surviennent alors que les ministres des Finances du G20 sont réunis aux États-Unis, où Washington entend isoler davantage Téhéran.
Deux morts confirmés sur l'île de Larak
« Lors de l'attaque contre l'île de Larak tard dimanche, deux personnes sont tombées en martyres et plusieurs autres ont été blessées », a indiqué Hossein Amir Teymouri, gouverneur de l'île voisine de Qeshm, sans préciser s'il s'agissait de soldats ou de civils. Le porte-parole du Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom), Tim Hawkins, a déclaré dans un communiqué transmis à l'AFP que « les forces américaines ont frappé deux lanceurs iraniens sur l'île de Larak », située dans le stratégique détroit d'Ormuz. Ces attaques ont été lancées après que des « forces des Gardiens de la Révolution islamique ont été observées en train de se préparer à lancer des roquettes chargées de mines marines dans le détroit d'Ormuz », a-t-il ajouté. L'agence iranienne de presse Tasnim a également fait état de deux morts et deux blessés.
L'Iran riposte en « légitime défense »
Téhéran a affirmé lundi avoir riposté en « légitime défense » aux nouvelles attaques américaines, les premières en un mois, dénonçant une « agression ». Le ministère iranien des Affaires étrangères a indiqué dans un communiqué que Téhéran « condamne fermement l'agression militaire américaine contre (l'île de) Larak », ajoutant que les forces iraniennes avaient riposté « conformément au droit à la légitime défense », après qu'elles ont visé des bases utilisées par les États-Unis dans la région, en Jordanie et aux Émirats.
En représailles, les Gardiens de la Révolution ont affirmé avoir attaqué, avec des missiles balistiques et des drones, des installations de l'armée américaine sur deux bases aériennes en Jordanie. Ils ont ensuite indiqué avoir ciblé une base aux Émirats arabes unis où les États-Unis disposeraient de troupes et d'hélicoptères. Ils ont ajouté avoir abattu un drone américain MQ-9 Reaper, qui peut être utilisé pour la surveillance comme pour l'attaque, dans le détroit d'Ormuz. L'armée jordanienne a précisé avoir abattu huit missiles ayant pénétré son espace aérien, sans en préciser l'origine. L'armée américaine n'a pas commenté ces attaques.
Les Émirats dénoncent une « escalade dangereuse »
Les Émirats arabes unis ont dénoncé lundi l'attaque iranienne de drone les visant, qualifiée d'« escalade dangereuse » à laquelle ils se réservent le droit de répondre. Dans un communiqué, le ministère des Affaires étrangères a « fermement condamné l'attaque hostile menée par l'Iran contre le pays à l'aide d'un drone qui a été intercepté par les systèmes de défense aérienne au-dessus des eaux territoriales. Il s'agit d'une escalade dangereuse ». Les forces aériennes émiraties « ont réagi à un drone détecté au-dessus des eaux territoriales du pays, venant d'Iran », a indiqué le ministère de la Défense dans un communiqué sur X. Le ministère a précisé dans un autre communiqué qu'il n'y avait pas eu d'attaque de missiles contre la base aérienne d'al-Minhad abritant des forces américaines, qualifiant des informations de presse en ce sens de « sans fondement ».
Le G20 sous tension et le pétrole en hausse
Les ministres des Finances des pays du G20 sont rassemblés jusqu'à mardi en Caroline du Nord, aux États-Unis. Le ministre américain des Finances Scott Bessent orchestre les discussions avec Kevin Warsh, patron de la banque centrale américaine (Fed). Washington avait prévu de centrer les débats sur les moyens de doper la croissance, la dérégulation et la résorption des « déséquilibres » dans les échanges commerciaux. Mais ces sujets devraient être en partie éclipsés par la guerre au Moyen-Orient. Scott Bessent est chargé de mener, à coups de sanctions, une offensive économique contre l'Iran, que la puissance militaire américaine n'a pas réussi à faire plier jusqu'ici.
Après l'annonce des nouvelles frappes américaines, les cours du pétrole sont repartis à la hausse lundi matin. Le prix du baril de Brent de la mer du Nord, référence internationale, prenait 2,47% vers 04H30 GMT, repassant ainsi au-dessus du seuil symbolique des 90 dollars, à 90,28 dollars. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, progressait de 2,17% à 85,21 dollars.
Accusations iraniennes et tensions diplomatiques
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a accusé lundi le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou d'avoir manipulé l'administration américaine pour l'entraîner à faire la guerre à l'Iran. « Quand il parle en hébreu, Netanyahou se vante ouvertement d'avoir manipulé l'administration américaine pour la pousser à entrer en guerre contre l'Iran au nom d'Israël », a-t-il déclaré dans un message publié sur X. « Netanyahu rit explicitement de la manière dont il a influencé l'Amérique grâce à 1.000 heures d'antenne sur les chaînes américaines », a-t-il ajouté, qualifiant Benyamin Netanyahou de « serpent ».
Le président iranien Massoud Pezeshkian a assuré que « nous ne cherchons pas la guerre », mais que « face à toute agression, nous ne resterons jamais les bras croisés ». Il était cité par les médias d'État iraniens avant de s'envoler pour le Kirghizstan pour un sommet régional auquel doivent participer ses homologues chinois Xi Jinping et russe Vladimir Poutine. Par ailleurs, la Marine des Gardiens de la Révolution a affirmé, citée par l'agence officielle Irna, qu'« un superpétrolier voyou qui tentait d'emprunter la route illégale au sud du détroit d'Ormuz a été pris dans un immense incendie après avoir heurté deux mines navales et a été complètement immobilisé ». Dimanche soir, l'armée américaine avait assuré avoir « achevé le déminage des voies de navigation internationales ».



