Henri Malosse témoigne des frappes israéliennes au Liban : "Un événement comparable au 11 septembre"
Henri Malosse, ancien président du Comité économique et social européen, s'est rendu au Liban pour apporter son soutien et livrer des médicaments après les violents bombardements israéliens du 8 avril. Depuis Beyrouth, il partage son analyse exclusive avec Midi Libre, décrivant une situation humanitaire dramatique et appelant à une intervention internationale.
Une mission humanitaire en pleine zone de conflit
Henri Malosse fréquente le Liban depuis de nombreuses années, notamment dans le cadre de ses fonctions européennes. Cette fois, il y est allé spécifiquement pour soutenir la population, transportant 30 kg de médicaments via une association qui vient en aide aux chrétiens libanais. "Je suis parti en connaissance de cause", explique-t-il, soulignant sa détermination à se rendre compte de la situation sur le terrain et à aider sur certaines démarches, malgré les risques évidents.
Des conditions de vie intenables à Beyrouth
La vie à Beyrouth est globalement normale, mais l'atmosphère a radicalement changé après les bombardements. "Hier, il y a eu des bombardements qui ont touché des quartiers résidentiels, sans véritable raison", raconte Malosse, qui a pris lui-même des photographies des dégâts. Le 9 avril est un jour de deuil national, marquant un événement qu'il compare au 11 septembre pour les Américains ou au 7 octobre pour les Israéliens. "Ce 8 avril restera comme une date funeste", ajoute-t-il, évoquant l'horreur des attaques.
Une population abattue et surprise
La population libanaise continue sa vie quasiment normalement, mais les gens sont abattus. "On ne s'attendait pas à ça, d'autant plus qu'un cessez-le-feu était en discussion", note Malosse. Malgré cela, le pays a subi les pires bombardements depuis 40 ans, avec plus de 200 morts et des centaines de blessés, dont de nombreux enfants et personnes âgées. Les attaques ont surpris les civils sans alerte, en pleine journée, rendant la situation particulièrement douloureuse et vicieuse.
Analyse géopolitique des motivations israéliennes
Henri Malosse analyse la situation en pointant une volonté du gouvernement israélien de faire capoter le cessez-le-feu et un possible accord entre Iraniens et Américains. "Ils ont utilisé la situation du Liban pour cela", affirme-t-il. De plus, une partie du gouvernement israélien souhaiterait récupérer le sud du Liban, considéré comme leur terre, entraînant un déplacement forcé des populations musulmanes et chrétiennes. Il a vu des villages dans une situation catastrophique, avec des milliers de personnes coupées de tout, sans eau ni nourriture.
Le rôle crucial de la France et l'appel à l'action
La France est sollicitée par les Libanais, qui attendent davantage que des déclarations présidentielles. "Ils souhaitent que la France, avec d'autres pays européens et régionaux, mette en place une force d'interposition pour protéger le pays", explique Malosse, qui a relayé cette demande auprès de l'ambassadeur. Aujourd'hui, la France est perçue comme une des seules puissances capables d'agir. Il estime qu'une force d'interposition plus large, avec un appui international, pourrait être respectée, soulignant que le Liban ne doit pas devenir le terrain de règlement de comptes d'autres conflits.
L'ampleur des déplacements et l'espoir en la France
Ce qui frappe le plus Henri Malosse, c'est l'ampleur des déplacements. "Il y a environ un million de personnes déplacées dans un pays qui en compte cinq", révèle-t-il. Il a vu des familles entières réfugiées dans des écoles et des camps, décrivant une situation intenable. Le Liban se tourne vers la France, avec laquelle il existe des liens historiques, culturels et humains très forts. "Aujourd'hui, beaucoup de Libanais considèrent la France comme leur seule planche de salut", conclut-il, appelant à une réponse urgente et concrète de la communauté internationale.



