Une fatwa qui fait débat
Une fatwa récente émanant d'une autorité religieuse non spécifiée a autorisé le versement de la zakat – l'aumône obligatoire pour tout musulman – à des organisations caritatives liées à la confrérie des Frères musulmans. Cette décision a immédiatement alarmé les Nations unies, qui y voient un risque de financement du terrorisme. Selon un rapport de l'ONU de 2023, près de 30 % des fonds de la zakat dans plusieurs pays d'Afrique et du Moyen-Orient échappent à tout contrôle étatique.
Les craintes de l'ONU
« Cette fatwa pourrait légitimer le financement de réseaux extrémistes sous couvert de charité », a déclaré un haut responsable onusien sous couvert d'anonymat. L'organisation redoute que des milliards de dollars soient détournés vers des groupes armés, notamment via des branches caritatives des Frères musulmans, classées comme organisations terroristes par plusieurs États. En Égypte, par exemple, la confrérie est interdite depuis 2013, et ses avoirs ont été saisis.
Un précédent inquiétant
La fatwa s'appuie sur une interprétation large des textes islamiques, permettant de donner la zakat à des causes politiques ou militaires jugées légitimes. Des experts en finance islamique rappellent que la zakat est traditionnellement réservée aux pauvres et aux nécessiteux, et que son détournement est interdit. « C'est une instrumentalisation dangereuse de la religion », estime l'économiste Ahmed al-Rashid, spécialiste des finances islamiques. L'ONU appelle les gouvernements à renforcer la régulation des dons religieux.



