L'Union européenne de radio-télévision (UER) a annoncé, jeudi 12 août, une modification majeure de son règlement : à l'avenir, un pays en guerre ne pourra plus accueillir le concours Eurovision de la chanson. Cette décision fait suite aux controverses liées à l'édition 2025, qui s'est tenue en Suisse après la victoire d'un artiste israélien, alors que le pays était engagé dans un conflit à Gaza.
Une règle clarifiée après la polémique de 2025
La nouvelle règle stipule que "le pays hôte doit garantir la sécurité de tous les participants, du personnel et du public, et ne pas être impliqué dans un conflit armé actif". Cette précision répond aux critiques formulées lors de l'édition précédente, où des manifestants avaient protesté contre la tenue du concours dans un pays en guerre. L'UER a également indiqué que cette disposition s'appliquera dès le prochain concours, prévu en 2026.
Cette décision intervient après que plusieurs pays ont menacé de boycotter l'événement si Israël était autorisé à participer. En 2025, la candidate israélienne avait remporté le concours avec la chanson "October Rain", ce qui avait relancé le débat sur la participation de pays en conflit. La Suisse, pays neutre, avait alors organisé l'événement à Genève, mais des manifestations avaient émaillé la semaine de répétitions.
Un impact direct sur les futurs pays hôtes
Concrètement, cette règle signifie que si un pays en guerre remporte le concours, il ne pourra pas organiser l'édition suivante. L'UER devra alors désigner un pays suppléant, comme cela avait été envisagé en 2025. "Nous avons tiré les leçons des expériences passées et nous voulons garantir que l'Eurovision reste un événement festif et apolitique", a déclaré un porte-parole de l'UER cité par l'AFP.
Cette modification a été approuvée par le comité exécutif de l'UER, qui réunit les diffuseurs publics de 56 pays membres. Elle s'appliquera également aux concours junior et aux autres événements organisés sous l'égide de l'UER. Aucun pays n'a encore réagi officiellement, mais on s'attend à ce que la décision soit saluée par les associations de défense des droits humains.
Les précédents historiques
Ce n'est pas la première fois que l'Eurovision est confronté à des situations de conflit. En 2022, la Russie avait été exclue du concours après l'invasion de l'Ukraine. En 2023, l'Ukraine, bien que vainqueur, n'avait pas pu organiser l'événement en raison de la guerre, et c'est le Royaume-Uni qui avait accueilli le concours à Liverpool. La nouvelle règle formalise donc une pratique qui avait été improvisée.
Selon un sondage réalisé par l'UER auprès de ses membres, 78 % des diffuseurs soutiennent cette mesure. Elle devrait également avoir un impact sur les candidatures futures : des pays comme l'Espagne ou l'Italie, qui ont déjà manifesté leur intérêt pour accueillir l'événement, pourraient se positionner plus tôt. Le prochain concours est prévu en 2026, et le pays hôte sera annoncé en septembre prochain.



