En Syrie, al-Chareh n'a fait que changer de costume
En Syrie, al-Chareh n'a fait que changer de costume

Le 8 décembre 2024, la chute de Damas a marqué un tournant dans la guerre civile syrienne. Bachar el-Assad a fui vers la Russie, laissant le champ libre à une coalition menée par Ahmed al-Chareh, chef du groupe islamiste Hayat Tahrir al-Cham (HTS). Mais pour de nombreux analystes, ce changement de visage ne signifie pas une rupture avec le passé.

Un nouveau costume pour un même système

Ahmed al-Chareh, qui se présente désormais en costume-cravate plutôt qu'en treillis militaire, a promis des réformes et une ouverture. Pourtant, selon un article du Point, son régime reproduit les méthodes de la famille Assad : culte de la personnalité, répression des opposants et mainmise sur les institutions. « Al-Chareh a juste changé de costume », résume l'analyste politique Karim Bitar, cité par le Point. « Le fond reste le même : un pouvoir autoritaire qui verrouille toute contestation. »

Des signes inquiétants dès les premiers jours

Dès son arrivée au pouvoir, al-Chareh a nommé des fidèles de HTS aux postes clés de l'administration et de l'armée. Les manifestations pacifiques, qui avaient été tolérées dans un premier temps, sont désormais réprimées. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme, au moins 120 personnes ont été arrêtées pour avoir critiqué le nouveau gouvernement entre décembre 2024 et janvier 2025. Un chiffre qui rappelle les pires heures du régime Assad.

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Une transition en trompe-l'œil

La communauté internationale, qui avait salué la chute d'Assad, observe avec prudence l'évolution de la situation. Les États-Unis et l'Union européenne conditionnent leur aide à des avancées démocratiques, mais al-Chareh semble jouer la montre. « Il promet des élections dans deux ans, mais sans garantie d'indépendance judiciaire ni de liberté de la presse, ces scrutins ne seront qu'une farce », estime Bitar.

L'économie sous contrôle

Sur le plan économique, le nouveau régime a maintenu le contrôle étatique sur les secteurs clés comme le pétrole et le blé. Les prix ont flambé : le prix du pain a augmenté de 40 % en un mois, selon le Programme alimentaire mondial. Les Syriens, qui espéraient une amélioration de leurs conditions de vie, sont déçus. « C'est la même corruption, les mêmes pénuries, juste un autre visage au pouvoir », confie un habitant de Damas sous couvert d'anonymat.

Un avenir incertain

Alors que la Syrie reste fragmentée entre différentes factions, la question de sa reconstruction se pose. Le régime d'al-Chareh, bien que différent dans sa rhétorique, semble reproduire les schémas autoritaires qui ont plongé le pays dans la guerre. Pour les Syriens, le changement espéré n'est peut-être qu'une illusion de plus.

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