Bac 2025 : les Palestiniens passent l'examen malgré la guerre
Bac 2025 : les Palestiniens passent l'examen malgré la guerre

Des milliers de lycéens palestiniens ont entamé ce mardi les épreuves du baccalauréat, dans un contexte de guerre dévastatrice. Entre les ruines de Gaza et les villes de Cisjordanie, l'examen se déroule dans des conditions extrêmes, mais il incarne un acte de résistance et d'espoir pour toute une génération.

Un examen sous les bombes

Selon le ministère palestinien de l'Éducation, près de 80 000 candidats sont inscrits cette année, dont environ 40 000 dans la bande de Gaza. Cependant, en raison des destructions massives, seuls 3 900 lycéens de Gaza peuvent passer l'épreuve, principalement dans des centres d'examen improvisés installés dans des écoles partiellement épargnées ou des tentes de fortune.

« C'est un miracle que nous puissions nous asseoir pour écrire », témoigne Rania, 18 ans, réfugiée dans un camp de Deir al-Balah. « Nous avons perdu nos maisons, nos écoles, mais pas notre volonté d'apprendre. » Les frappes israéliennes ont détruit ou endommagé plus de 90 % des établissements scolaires de l'enclave, selon l'UNICEF, laissant des centaines de milliers d'enfants sans accès à l'éducation depuis octobre 2023.

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Un système scolaire en ruines

Le ministère de l'Éducation palestinien, basé à Ramallah, a dû adapter les épreuves : pour les candidats de Gaza, les examens sont allégés et se concentrent sur les matières essentielles. Des enseignants bénévoles, souvent eux-mêmes déplacés, assurent la surveillance dans des conditions précaires. « Nous avons imprimé les sujets dans des imprimeries de Cisjordanie et les avons fait parvenir à Gaza par des canaux humanitaires », explique un responsable du ministère, qui a requis l'anonymat.

En Cisjordanie, où les violences des colons et les opérations militaires israéliennes se sont intensifiées, les épreuves se déroulent également sous tension. À Hébron, des soldats israéliens ont brièvement bloqué l'entrée d'un centre d'examen, provoquant la colère des élèves et des parents. « Nous vivons un apartheid éducatif », dénonce Samira, mère de deux candidates à Naplouse. « Mais nos enfants doivent continuer, c'est leur avenir qu'on leur vole sinon. »

Un symbole de résilience

Pour de nombreux observateurs, ce baccalauréat est un symbole fort de la résilience palestinienne. « L'éducation est un droit fondamental, et le fait que ces jeunes passent leur examen malgré tout envoie un message au monde : ils refusent d'être réduits à leur statut de victimes », analyse Kholoud al-Ajarma, professeure de sociologie à l'université de Birzeit, citée par l'AFP.

Les résultats sont attendus dans quelques semaines. Mais au-delà des notes, c'est la survie d'un système éducatif qui est en jeu. Les organisations internationales estiment qu'il faudra des années et des milliards de dollars pour reconstruire les écoles de Gaza. En attendant, des générations entières risquent de rester sans instruction, alimentant un cycle de pauvreté et de désespoir.

« Nous savons que les défis sont immenses, mais chaque diplôme obtenu est une victoire sur l'obscurité », conclut le porte-parole du ministère de l'Éducation. Un message d'espoir dans un océan de désolation.

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