Accord Iran-USA : la fronde républicaine contre Trump s'intensifie
Accord Iran-USA : la fronde républicaine contre Trump

Nouvel épisode de fronde contre Trump chez les républicains. Des élus américains appartenant au même parti que leur président sont en colère après la signature du protocole d'accord conclu par Donald Trump avec l'Iran – signé mercredi 17 juin à Versailles – qu'ils jugent avantageux pour Téhéran et bien loin de la victoire écrasante promise par le président américain.

Un accord qui met fin au conflit

L'accord met fin à plusieurs mois de conflit, commencé le 28 février par l'attaque américano-israélienne contre l'Iran, et vise la réouverture du détroit d'Ormuz et la stabilisation des prix de l'énergie, la guerre ayant fait grimper les prix du pétrole.

L'allègement des sanctions inquiète

Les conditions négociées inquiètent certains élus républicains, qui gardent un souvenir amer de l'accord nucléaire conclu en 2015 avec l'Iran par l'ancien président démocrate Barack Obama, considéré comme trop laxiste. Cette fois-ci, c'est notamment la perspective d'un allègement des sanctions contre l'Iran et d'un fond de reconstruction de centaines de milliards de dollars qui suscite leurs inquiétudes, d'autant plus qu'aucun engagement ferme n'a été obtenu par les Américains concernant l'enrichissement d'uranium ou le soutien de Téhéran à des groupes armés alliés. Et si le trafic maritime peut reprendre librement dans le détroit d'Ormuz, c'est seulement pour une durée de 60 jours, au-delà de laquelle l'Iran appliquera des « droits de redevance » pour les services fournis lors du passage.

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« La comparaison point par point du protocole publié aujourd'hui et de l'accord préliminaire de 2013 révèle un assouplissement impressionnant de la part des États-Unis par rapport au régime iranien », souligne sur X (ex-Twitter) Gilles Gressani, directeur de la revue « le Grand Continent ».

Des républicains très critiques

Le sénateur républicain Bill Cassidy a qualifié sur X cet accord de « pire raté en matière de politique étrangère depuis des décennies ». « Avant la guerre, le détroit était ouvert, l'Iran était écrasé par les sanctions et nos 13 militaires étaient encore en vie », a-t-il continué. « Aujourd'hui, 13 Américains sont morts, les familles ont déboursé des milliards à la pompe, les sanctions vont être levées et les bombardements ont cessé », a ajouté le sénateur de Louisiane, en référence aux soldats américains tués pendant le conflit.

Le sénateur républicain Ted Cruz a, lui, exhorté Donald Trump à « ne pas leur donner des montagnes de cash pour leur permettre de se reconstruire et de redevenir une menace pour les États-Unis », en référence au plan de 300 milliards de dollars élaboré par les États-Unis et leurs partenaires régionaux pour « la reconstruction » et le « développement économique » de l'Iran. « Je ne veux pas voir des islamistes qui veulent nous tuer devenir plus puissants. Si cet accord leur rapporte 300 milliards de dollars, c'est une erreur », a-t-il affirmé sur son podcast.

Lindsay Graham, élu de Caroline du Sud, s'est quant à lui dit « quelque peu préoccupé » sur la vision de l'accord de l'Iran et des États-Unis qui semblent « différer », comme l'a relevé le média américain CNN. Il a également annoncé avoir « hâte d'examiner le produit final », autrement dit l'accord, comme le prévoit la loi américaine. Un message jugé passif-agressif pour le média américain.

D'autres élus dubitatifs

Pour ce qui est d'autres élus républicains, ils se sont montrés moins critiques que leurs confrères, non sans s'interroger. Le chef de la majorité républicaine au Sénat, John Thune, s'est lui montré plus prudent mais a déclaré avoir besoin de réponses sur la question de savoir si l'accord concerne bien le programme nucléaire iranien, les missiles balistiques de l'Iran et son soutien à des groupes dans la région. D'autres alliés de Donald Trump ont appelé à être patients.

Quant aux démocrates, tous opposés à l'accord, ils affirment que le républicain s'est lancé dans un conflit coûteux pour finalement accepter un texte qui renforce Téhéran.

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Trump défend son accord

Fidèle à lui-même, Donald Trump a de son côté balayé les critiques, insultes à l'appui, présentant le texte comme le seul moyen de rouvrir le détroit d'Ormuz, par où transitait un cinquième du pétrole mondial avec la guerre. Il a aussi souligné que l'accord n'était pas définitif, et a averti que les États-Unis pourraient reprendre les frappes en cas d'échec des négociations, qui doivent commencer jeudi selon le vice-président JD Vance, et durer 60 jours. « C'est un cadre d'accord, et si je ne l'aime pas, nous recommencerons à leur tirer dessus et à leur larguer des bombes sur la tête », a lancé le républicain aux journalistes mercredi, à Évian-les-Bains (Haute-Savoie), où il participait au G7.

« Ces imbéciles, qui pensent que je n'ai pas été assez dur avec l'Iran, alors que la Bourse vient d'atteindre un RECORD HISTORIQUE et que les prix du pétrole sont en train de “chuter”, sont soit jaloux, soit malhonnêtes, soit stupides », a-t-il tonné ce jeudi 18 juin sur son réseau Truth Social.