Une décision unilatérale de Washington
Le gouvernement américain a officiellement annoncé, ce mercredi 1er juillet 2026, qu'il ne renouvellera pas l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) avec le Canada et le Mexique. Cette décision, prise par l'administration du président Donald Trump, met fin à un pacte commercial qui était en vigueur depuis 1994. Selon un communiqué de la Maison-Blanche, l'accord "ne sert plus les intérêts des travailleurs américains" et serait responsable de la perte de près de 700 000 emplois dans le secteur manufacturier aux États-Unis depuis sa signature.
Les réactions des partenaires
Le Premier ministre canadien, Justin Trudeau, a exprimé sa "déception profonde" dans une déclaration télévisée. "Le Canada a toujours été un partenaire fiable et loyal. Cette décision unilatérale est un coup dur pour l'économie nord-américaine et pour des millions de familles qui dépendent de ce commerce", a-t-il déclaré. De son côté, le président mexicain, Andrés Manuel López Obrador, a qualifié la décision de "regrettable" et a promis de défendre les intérêts des travailleurs mexicains par tous les moyens diplomatiques.
Un contexte de tensions commerciales
Cette annonce intervient dans un climat de tensions commerciales croissantes entre les États-Unis et ses voisins. Depuis son retour à la Maison-Blanche en 2025, Donald Trump a multiplié les mesures protectionnistes, notamment l'imposition de droits de douane sur l'acier et l'aluminium canadiens. L'ALENA, renégocié en 2020 sous le nom d'Accord États-Unis-Mexique-Canada (AEUMC), était déjà fragilisé par ces différends. Selon des experts économiques cités par le journal, la fin de l'accord pourrait entraîner une contraction du PIB régional de 2 à 3 % à court terme.
Les conséquences économiques immédiates
Les marchés financiers ont réagi négativement : l'indice S&P 500 a perdu 1,5 % en séance, tandis que le dollar canadien et le peso mexicain ont chuté respectivement de 2 % et 3 % face au billet vert. Les secteurs les plus touchés devraient être l'automobile, l'agriculture et l'agroalimentaire, qui bénéficiaient de chaînes d'approvisionnement intégrées. Par exemple, environ 60 % des pièces détachées automobiles fabriquées au Mexique étaient destinées au marché américain. Les associations patronales des deux pays ont appelé à une reprise rapide des négociations.
Quelles alternatives possibles ?
Des discussions bilatérales sont déjà évoquées pour remplacer l'accord tripartite par des traités séparés. Le Canada pourrait se tourner vers un renforcement de ses liens commerciaux avec l'Union européenne, via l'Accord économique et commercial global (AECG), tandis que le Mexique chercherait à approfondir ses relations avec les pays du Pacifique. Toutefois, ces alternatives prendraient des années à se concrétiser. Dans l'immédiat, les trois pays devront composer avec un retour aux règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), ce qui implique des droits de douane plus élevés.
Une décision politique
Pour les analystes politiques, cette décision s'inscrit dans la stratégie de Donald Trump en vue des élections de mi-mandat de 2026. "Il cherche à mobiliser sa base électorale en jouant sur la fibre nationaliste", explique John Smith, professeur de sciences politiques à l'université de Georgetown. "Mais le risque est de provoquer une récession dans les régions industrielles américaines dépendantes des exportations canadiennes et mexicaines." La décision pourrait également compliquer les relations des États-Unis avec d'autres partenaires commerciaux, comme la Chine ou l'Union européenne.



