Les constructeurs chinois réalisent une percée notable sur le marché automobile européen, mais leur poids reste limité. MG s'est imposée avec 216.500 immatriculations en 2025, tandis que BYD, souvent perçu comme une menace majeure, totalise 84.800 ventes sur la même période. Ensemble, toutes les marques chinoises représentent moins de 10% du marché de l'Union européenne, soit l'équivalent des ventes combinées de Hyundai et Kia, ou de Toyota seule.
Des performances contrastées
Si certaines marques comme Omoda/Jaecoo et XPeng s'installent progressivement, d'autres rencontrent des difficultés. Nio, présent dans seize pays européens, n'a vendu que quelques dizaines d'unités au premier semestre 2026. En Allemagne, seules quinze voitures ont été immatriculées. Aux Pays-Bas, le chiffre atteint cinquante unités. En Norvège, pourtant pays leader de l'électrique et exempt de droits de douane sur les importations chinoises, Nio n'a écoulé que 163 véhicules, soit une baisse de 11% par rapport à la même période en 2025.
Nio gèle son expansion
Face à ces résultats, le constructeur a décidé de geler temporairement son expansion vers de nouveaux marchés comme la France ou l'Italie. La citadine Firefly, pourtant bien accueillie, ne suffit pas à redresser la situation. Selon un analyste du secteur, "Nio doit revoir sa stratégie européenne, car la concurrence est féroce et les consommateurs n'adhèrent pas encore à la marque".
Une situation historique
La percée des constructeurs chinois rappelle l'arrivée des marques japonaises et coréennes en Europe, qui ont dû s'implanter localement pour réussir. La crainte d'une domination chinoise semble exagérée : l'histoire a montré que des entreprises considérées comme "too big to fail" peuvent s'effondrer, comme lors de la crise de 2008 avec General Motors et Ford. Les constructeurs chinois ont du potentiel, mais ils doivent encore prouver leur capacité à s'adapter au marché européen.



