Mombasa : le dernier grand port public d'Afrique attise les convoitises
Mombasa : le port public africain attise les convoitises

Le port de Mombasa, au Kenya, est le dernier grand port public d'Afrique. Sa gestion étatique est aujourd'hui remise en question par des acteurs privés et étrangers, attirés par son potentiel économique. Avec un trafic de 35 millions de tonnes de marchandises en 2025, ce hub stratégique pour l'Afrique de l'Est suscite des convoitises.

Un modèle de gestion contesté

Depuis son indépendance, le Kenya a maintenu le port de Mombasa sous contrôle public. Cependant, la pression pour une privatisation partielle s'intensifie. Selon un rapport de la Banque mondiale, l'efficacité du port pourrait être améliorée de 30 % grâce à une participation privée. Des entreprises comme DP World (Émirats) et Hutchison Ports (Chine) ont déjà manifesté leur intérêt.

Le gouvernement kényan, dirigé par le président William Ruto, envisage une concession partielle pour financer des infrastructures vieillissantes. « Nous devons moderniser le port sans perdre notre souveraineté », a déclaré le ministre des Transports, Kipchumba Murkomen, lors d'une conférence de presse à Nairobi.

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Enjeux économiques et politiques

Le port de Mombasa génère 10 % du PIB kényan et emploie directement 20 000 personnes. Une privatisation pourrait menacer ces emplois, selon les syndicats. « Nous craignons des licenciements massifs et une exploitation étrangère », affirme John Omondi, secrétaire général du syndicat des dockers.

Par ailleurs, des rivalités régionales compliquent la situation. L'Ouganda et le Rwanda, qui dépendent de Mombasa pour leurs importations, redoutent une hausse des coûts. En 2024, le Kenya a augmenté les tarifs portuaires de 15 %, provoquant des tensions diplomatiques.

Un avenir incertain

Le gouvernement kényan étudie plusieurs modèles, dont un partenariat public-privé (PPP) similaire à celui du port de Dar es Salaam (Tanzanie). La décision finale est attendue d'ici fin 2026. Les experts estiment que le port de Mombasa doit investir 2 milliards de dollars dans les dix prochaines années pour rester compétitif face à des ports comme Djibouti ou Lamu.

En attendant, les convoitises persistent. « Le port de Mombasa est un joyau stratégique. Sa gestion future déterminera l'équilibre commercial de toute la région », conclut un analyste de l'Agence française de développement.

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