L'Agence internationale de l'énergie (AIE) publie un rapport alarmant sur la production de minéraux critiques, essentiels à la transition énergétique. Malgré une prise de conscience mondiale, la production reste très concentrée dans un petit nombre de pays, ce qui expose à des risques géopolitiques et d'approvisionnement.
Une concentration qui persiste
Selon l'AIE, en 2025, la République démocratique du Congo (RDC) a fourni 70 % du cobalt mondial, la Chine a produit 60 % des terres rares et 80 % du graphite, et l'Australie a extrait 55 % du lithium. Cette concentration est similaire à celle observée il y a dix ans, malgré les efforts de diversification.
Le rapport souligne que la demande de ces minéraux devrait quadrupler d'ici 2040 pour atteindre les objectifs climatiques. Or, la dépendance à quelques pays rend les chaînes d'approvisionnement vulnérables aux chocs politiques, économiques ou environnementaux.
Des efforts insuffisants
« La prise de conscience est réelle, mais les actions concrètes tardent », déclare Fatih Birol, directeur exécutif de l'AIE. Il ajoute : « Les gouvernements doivent accélérer les investissements dans de nouvelles mines et le recyclage pour réduire la dépendance. »
L'AIE note que les dépenses d'exploration pour les minéraux critiques ont augmenté de 30 % en 2025 par rapport à 2024, mais qu'elles restent insuffisantes pour diversifier l'offre. De plus, les délais de mise en production d'une nouvelle mine sont en moyenne de 16 ans, ce qui retarde les effets des investissements.
Les risques pour la transition énergétique
La concentration de la production expose à des ruptures d'approvisionnement en cas de tensions géopolitiques. Par exemple, la Chine domine le raffinage des terres rares (90 %) et du lithium (60 %), ce qui lui confère un levier stratégique. L'AIE recommande de développer le recyclage, qui pourrait couvrir 10 % de la demande de cuivre et 20 % de celle de lithium d'ici 2040.
En outre, l'agence préconise une coopération internationale pour établir des normes environnementales et sociales, ainsi que des mécanismes de partage des risques. « Sans une action coordonnée, la transition énergétique pourrait être freinée par des goulots d'étranglement », prévient Fatih Birol.



