Le Mexique se prépare à une renégociation annuelle du traité de libre-échange d'Amérique du Nord (ALENA), conséquence directe de la pression exercée par l'administration Trump. Selon des sources proches du gouvernement mexicain, cette décision marque un tournant dans la relation bilatérale entre les deux pays.
Une résignation forcée
Le président mexicain, Andrés Manuel López Obrador, a exprimé sa déception face à cette situation. « Nous n'avons pas d'autre choix que de nous adapter à la nouvelle réalité imposée par Washington », a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse. Cette renégociation annuelle vise à ajuster les termes de l'accord en fonction des demandes américaines, notamment en matière de règles d'origine et de protection des travailleurs.
L'ALENA, en vigueur depuis 1994, a été un pilier du commerce régional, représentant plus de 1 200 milliards de dollars d'échanges annuels entre les trois pays membres (États-Unis, Mexique, Canada). Cependant, depuis son entrée en fonction, Donald Trump a qualifié cet accord de « désastre » pour l'économie américaine, promettant de le renégocier ou de s'en retirer.
Conséquences économiques
La renégociation annuelle pourrait avoir des répercussions importantes sur l'économie mexicaine. Selon la Banque du Mexique, une incertitude prolongée pourrait réduire les investissements étrangers directs de 15 % à 20 % dans les deux prochaines années. Les secteurs les plus exposés sont l'automobile, l'agroalimentaire et l'électronique, qui dépendent fortement des chaînes d'approvisionnement nord-américaines.
« Chaque année, nous devrons nous asseoir à la table des négociations sans savoir ce que Trump exigera », a expliqué une source gouvernementale sous couvert d'anonymat. Cette instabilité pourrait également affaiblir le peso mexicain, déjà volatil face aux déclarations de la Maison-Blanche.
Réactions au Mexique
Les milieux d'affaires mexicains ont accueilli cette annonce avec inquiétude. La Confédération des chambres industrielles a appelé à une stratégie de diversification des partenaires commerciaux, notamment vers l'Asie et l'Europe. De son côté, l'opposition politique critique la passivité du gouvernement. « Nous assistons à une capitulation sans précédent », a dénoncé le sénateur Ricardo Monreal.
Le Canada, troisième partenaire de l'ALENA, n'a pas encore commenté officiellement, mais des diplomates canadiens ont laissé entendre qu'ils pourraient demander des garanties pour éviter des renégociations trop fréquentes.
En attendant, le Mexique se prépare à entamer les discussions dès le mois de septembre, avec pour objectif de limiter les concessions tout en préservant l'accès au marché américain, vital pour 80 % de ses exportations.



