Sanae Takaichi peut-elle réveiller le Japon ?
Sanae Takaichi, l'espoir d'un Japon plus fort ?

La course à la succession du Premier ministre japonais Fumio Kishida s'intensifie, et le nom de Sanae Takaichi, actuelle ministre de la Sécurité intérieure, émerge comme une figure clé. Connue pour ses positions conservatrices et son nationalisme assumé, elle incarne une rupture potentielle avec la ligne modérée du parti au pouvoir.

Qui est Sanae Takaichi ?

Née en 1961 à Kobe, Sanae Takaichi est une vétérane de la politique japonaise. Élue pour la première fois à la Chambre des représentants en 1993, elle a occupé plusieurs postes ministériels, dont celui de ministre des Affaires intérieures et des Communications. Elle est membre du Parti libéral-démocrate (PLD) et appartient à l'aile droite du parti, proche des positions de l'ancien Premier ministre Shinzo Abe.

Takaichi est connue pour ses déclarations controversées sur l'histoire du Japon, notamment ses visites au sanctuaire Yasukuni, perçu comme un symbole du militarisme passé, et ses appels à réviser la Constitution pacifiste de 1947 pour reconnaître le rôle des forces d'autodéfense.

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Une ligne politique claire

Sur le plan économique, Takaichi prône un « capitalisme japonais » mêlant interventionnisme étatique et protectionnisme. Elle soutient les mesures de relance par la dépense publique et s'oppose à la hausse de la taxe sur la consommation. En matière de sécurité, elle défend un renforcement des capacités militaires du Japon, notamment face à la montée en puissance de la Chine et aux menaces nord-coréennes.

« Le Japon a besoin d'un leadership fort et d'une vision claire pour sortir de sa torpeur », a-t-elle déclaré lors d'un rassemblement à Tokyo. « Nous devons restaurer la fierté nationale et assurer notre sécurité sans dépendre entièrement des États-Unis. »

Selon un sondage du journal Yomiuri Shimbun publié en septembre 2024, Takaichi recueillerait 15 % des intentions de vote au sein du PLD, la plaçant en troisième position derrière le ministre de l'Économie, Shigeru Ishiba (22 %), et le secrétaire général du parti, Toshimitsu Motegi (18 %). Cependant, sa popularité auprès de la base militante est plus élevée, atteignant 35 % dans certaines régions rurales.

Quelles chances pour la succession ?

La succession de Kishida doit avoir lieu d'ici à novembre 2024. Le PLD, qui domine la vie politique japonaise, choisit son chef par un vote des parlementaires et des militants. Takaichi doit convaincre les factions modérées du parti, qui redoutent une dérive nationaliste. De plus, son image clivante pourrait nuire aux relations diplomatiques avec la Corée du Sud et la Chine.

Si elle était élue, elle deviendrait la première femme à occuper le poste de Premier ministre du Japon. Un précédent historique qui pourrait séduire une partie de l'opinion publique, en quête de renouveau. Cependant, les enquêtes d'opinion nationales montrent que seulement 20 % des Japonais la jugent favorablement, contre 40 % pour Ishiba.

Réactions internationales

À l'étranger, la perspective de voir Takaichi au pouvoir suscite des réactions mitigées. Les États-Unis, principal allié du Japon, observent avec prudence. Un responsable du Département d'État, sous couvert d'anonymat, a confié : « Nous respectons le processus démocratique japonais, mais nous espérons que le prochain dirigeant maintiendra la stabilité régionale et l'alliance avec Washington. »

De son côté, la Chine a exprimé son inquiétude par la voix de son ministère des Affaires étrangères, appelant à « ne pas répéter les erreurs du passé ». La Corée du Sud, elle, a mis en garde contre toute tentative de révision de l'histoire.

Takaichi joue donc une partie serrée. Son destin dépendra de sa capacité à rassembler au-delà de son camp et à convaincre que son nationalisme n'est pas un danger mais une réponse aux défis du Japon contemporain.

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