La Chine intensifie sa présence dans l'Arctique, menant des expéditions scientifiques et des forages sous la banquise, ce qui alimente les craintes d'une militarisation de la région. Selon le dernier rapport de l'Institut d'études de sécurité de l'Union européenne, Pékin a investi plus de 2 milliards de dollars dans des infrastructures arctiques depuis 2015, notamment des stations de recherche et des brise-glaces.
Des expéditions scientifiques aux visées stratégiques
L'agence de presse Xinhua a rapporté en juin 2025 que la Chine a achevé sa 14e expédition arctique, avec des forages sous-marins à plus de 4 000 mètres de profondeur. Ces missions, officiellement vouées à l'étude du changement climatique, permettent aussi de cartographier les ressources en hydrocarbures et en minéraux rares. Un expert du Polar Research Institute of China a déclaré : « Nos recherches contribuent à la compréhension globale de l'océan Arctique, mais elles renforcent également notre capacité à opérer dans des conditions extrêmes. »
La route du pôle Nord, nouvel enjeu commercial
Parallèlement, la Chine promeut la « Route de la soie polaire », qui pourrait réduire de 30 % le trajet maritime entre l'Asie et l'Europe. En 2024, le trafic de conteneurs via l'Arctique a augmenté de 25 % par rapport à l'année précédente, selon le Conseil de l'Arctique. Pékin investit dans des brise-glaces nucléaires et des ports en Russie, notamment à Mourmansk, pour sécuriser cette voie.
Réactions internationales et tensions potentielles
Les pays riverains, comme le Canada et le Danemark, expriment des réserves. Le ministre canadien de la Défense a souligné : « Nous devons surveiller de près les activités chinoises pour préserver notre souveraineté. » Les États-Unis ont renforcé leur présence navale dans la région, tandis que la Russie, alliée de la Chine dans ce dossier, modernise ses bases arctiques. La Chine, membre observateur du Conseil de l'Arctique depuis 2013, cherche à obtenir un statut permanent, ce qui nécessiterait un consensus.
Impact climatique et environnemental
Les scientifiques avertissent que l'augmentation du trafic maritime et des forages accélère la fonte de la banquise. Une étude de l'Université de Cambridge publiée en mars 2025 indique que la couverture de glace estivale pourrait disparaître d'ici 2035, soit dix ans plus tôt que prévu. La Chine, premier émetteur de CO2, insiste sur son engagement pour l'énergie propre, mais ses activités arctiques contredisent cet objectif.



