Zimbabwe : le géant africain du lithium veut briser le monopole chinois sur ses mines
Zimbabwe : briser le monopole chinois sur le lithium

Le Zimbabwe, qui possède les plus grandes réserves de lithium d'Afrique, entend réduire la mainmise de la Chine sur ses mines. Actuellement, Pékin contrôle environ 70% de la production de lithium zimbabwéen, une situation que le gouvernement de Harare souhaite rééquilibrer en attirant d'autres investisseurs internationaux.

Une dépendance jugée excessive

Le lithium est un minéral stratégique pour la transition énergétique, utilisé dans les batteries des véhicules électriques et le stockage d'énergie. Le Zimbabwe, avec ses gisements estimés à 23 millions de tonnes, est un acteur clé. Cependant, la domination chinoise inquiète les autorités, qui craignent une dépendance économique et géopolitique.

Le président Emmerson Mnangagwa a déclaré vouloir "briser le monopole" et diversifier les partenariats. Des discussions sont en cours avec des entreprises américaines, européennes et sud-africaines. Le gouvernement a également révisé son code minier pour offrir des conditions plus attractives, tout en imposant des obligations de transformation locale.

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Nouvelles régulations et ambitions locales

Depuis 2024, le Zimbabwe exige que 30% de la production de lithium soit transformée sur place avant exportation. Cette mesure vise à créer de la valeur ajoutée et des emplois. Plusieurs usines de traitement sont en construction, notamment près de Harare et dans la région de Masvingo.

Cependant, la mise en œuvre est lente. Les investisseurs chinois, qui ont déjà injecté des milliards de dollars, résistent à ces nouvelles exigences. Pékin a également signé des accords de coopération avec le Zimbabwe, renforçant son influence.

Un contexte géopolitique tendu

La rivalité entre la Chine et les Occidentaux pour le contrôle des ressources stratégiques s'intensifie. Les États-Unis, via le programme "Build Back Better World", et l'Union européenne, avec son partenariat pour les matières premières critiques, cherchent à contrebalancer l'influence chinoise en Afrique.

Le Zimbabwe, sous sanctions occidentales pour des questions de droits de l'homme, a longtemps été isolé. Mais la guerre en Ukraine et la demande croissante de lithium ont changé la donne. Harare joue la carte de la diversification pour maximiser ses bénéfices.

Défis et perspectives

Briser le monopole chinois ne sera pas facile. Les entreprises chinoises possèdent des infrastructures et des contrats de long terme. De plus, le Zimbabwe manque de capitaux et de technologies pour exploiter pleinement ses ressources.

Malgré tout, le gouvernement reste optimiste. Des négociations avancées avec des sociétés australiennes et canadiennes pourraient aboutir d'ici fin 2026. Si la diversification réussit, le Zimbabwe pourrait devenir un fournisseur clé pour l'industrie mondiale des batteries, tout en réduisant sa dépendance à un seul partenaire.

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