En Éthiopie, le Premier ministre Abiy Ahmed a été réélu pour un second mandat à l'issue d'un scrutin très contrôlé, marqué par des tensions et des conflits régionaux. Les élections législatives, qui se sont déroulées le 1er juin 2026, ont été largement dominées par le Parti de la prospérité, au pouvoir. Cependant, ce scrutin a été entaché par des accusations de fraudes et de manipulations, émanant de l'opposition et d'observateurs internationaux.
Un scrutin sous haute tension
Les électeurs se sont rendus aux urnes dans un climat de sécurité renforcée, avec un déploiement massif de forces de l'ordre dans plusieurs régions du pays. Les autorités ont justifié ces mesures par la nécessité de prévenir des violences liées aux conflits régionaux qui secouent le pays depuis plusieurs années. Dans les régions du Tigré, de l'Amhara et de l'Oromia, des affrontements ont éclaté entre groupes ethniques et forces gouvernementales, faisant craindre une escalade.
Des oppositions réduites au silence
L'opposition politique a dénoncé un scrutin verrouillé, avec des candidats empêchés de faire campagne librement et des médias indépendants muselés. Plusieurs figures de l'opposition ont été arrêtées dans les jours précédant le vote, accusées de troubles à l'ordre public. Les observateurs de l'Union africaine, présents sur place, ont émis des réserves sur la transparence du processus électoral.
Un contexte régional explosif
Les élections se déroulent dans un contexte de conflits régionaux récurrents, notamment dans le Tigré, où une guerre civile a opposé le gouvernement fédéral aux forces locales entre 2020 et 2022. Les tensions persistent également dans l'Oromia, où des groupes rebelles continuent de défier l'autorité centrale. Ces conflits ont provoqué des déplacements massifs de populations et une crise humanitaire.
Les enjeux économiques et sociaux
Au-delà des enjeux politiques, ce scrutin intervient alors que l'Éthiopie fait face à une inflation galopante et à une pénurie de devises. Le gouvernement d'Abiy Ahmed mise sur une relance économique après les années de conflit, mais les critiques pointent du doigt une gestion autoritaire et un manque de réformes structurelles.
La réélection du Premier ministre devrait permettre de poursuivre les grands projets d'infrastructures, mais aussi de renforcer le contrôle de l'État sur les régions dissidentes. Cependant, sans un véritable dialogue politique et une résolution des conflits ethniques, la stabilité du pays reste précaire.



