Israël a fait part à Washington de ses « inquiétudes » concernant le plan annoncé par le président américain Donald Trump sur le désarmement du mouvement islamiste Hamas à Gaza. Le bureau du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a transmis ses « commentaires et inquiétudes » sur le cadre proposé, selon une déclaration officielle.
« Israël a transmis à ses homologues américains ses commentaires et inquiétudes sur le cadre proposé », a déclaré ce lundi le porte-parole de l’État hébreu, Doron Spielman. « La version rendue publique ne reflète pas la position d’Israël. »
Des inquiétudes sur la démilitarisation du Hamas
Le plan de Donald Trump, présenté comme une feuille de route pour mettre fin à la guerre, prévoit de transformer Gaza en « une zone démilitarisée, déradicalisée, exempte de terrorisme et ne représentant aucune menace pour ses voisins ». Mais les autorités israéliennes doutent de la faisabilité d’un tel projet dans les conditions actuelles, alors que le Hamas conserve des capacités militaires importantes.
Le porte-parole israélien a affirmé que les renseignements de son pays avaient établi que le Hamas s’était réarmé et avait recruté de nouvelles personnes depuis le cessez-le-feu annoncé par Donald Trump en octobre 2025. Cet accord de trêve, qui visait à mettre un terme à plus d’un an de guerre, a eu pour conséquence de diminuer l’intensité des combats et des frappes, mais Israël a poursuivi ses opérations, disant cibler des combattants ou leurs infrastructures, ce que des sources sur le terrain ont régulièrement contesté. Cette situation complexifie les négociations sur le plan américain, qui repose sur une démilitarisation totale du Hamas.
Le Hamas prêt à rendre les armes
Le Hamas a annoncé, vendredi, avoir accepté l’étape suivante d’un accord qui prévoit la remise de ses armes à un comité palestinien de gouvernance en cours de création. Ce comité, dont la composition n’a pas été détaillée, est présenté comme une structure de transition devant superviser la sécurité dans la bande de Gaza après la guerre. Cette décision marque une avancée dans le processus de cessez-le-feu, mais elle ne répond pas aux exigences israéliennes d’une démilitarisation complète et immédiate.
Donald Trump a qualifié cette évolution de « jalon majeur » dans les efforts visant à mettre fin à la guerre dévastatrice déclenchée par l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023. Il a affirmé à des journalistes qu’Israël était « très satisfait » de cette évolution, une assertion immédiatement contredite par les réserves émises par le bureau de Benjamin Netanyahu.
Une contradiction avec la réalité du terrain
Le porte-parole de Benjamin Netanyahu a estimé que les agissements du Hamas montraient qu’il se préparait à de « nouveaux massacres du type du 7 octobre ». Il a souligné que la vision de Donald Trump pour Gaza entrait en contradiction directe avec la réalité actuelle et avec les intentions affichées du mouvement islamiste, qui a déjà démontré sa capacité à frapper le territoire israélien.
« La première étape indispensable vers tout accord durable est la démilitarisation réelle, vérifiable et irréversible du Hamas », a-t-il déclaré. « Toute mesure qui n’aboutirait pas à une démilitarisation complète laisserait au Hamas la capacité de menacer à nouveau Israël », a-t-il insisté.
Une source politique israélienne avait indiqué plus tôt qu’Israël, qui contrôle toujours la majeure partie de la bande de Gaza, ne retirerait pas ses forces dans le cadre du plan sans avoir vérifié le désarmement du Hamas.
Un désarmement progressif défendu par le Hamas
Le Hamas défend depuis longtemps un désarmement progressif, avec remise des armes à un comité indépendant après les accords de paix, plutôt qu’une reddition immédiate et unilatérale de son arsenal. Cette position, favorable à un processus négocié, contraste avec la demande israélienne d’une capitulation sans conditions.
Malgré les annonces et les discussions, les frappes israéliennes se sont poursuivies après l’annonce du Hamas. Les secours et le ministère de la Santé à Gaza ont fait état dimanche d’au moins 13 morts dans des attaques israéliennes, illustrant la fragilité du cessez-le-feu en vigueur depuis octobre 2025.
Alors que les discussions se poursuivent, la communauté internationale suit de près l’évolution de la situation. La question de la démilitarisation du Hamas reste au cœur des négociations, tout comme les conditions d’un éventuel retrait israélien de la bande de Gaza. Les divergences entre la Maison-Blanche et le gouvernement israélien sur cette question illustrent les défis de la mise en œuvre d’un accord de paix durable.



