Sur le campus de Nairobi, la quiétude n’est troublée que par le vrombissement lointain des voitures et des matatus, ces minibus bariolés qui slaloment dans la capitale de façon anarchique, au rythme d’une sono poussée à fond. À l’ombre des arbres, en ce matin d’avril, une poignée d’étudiants ont le nez plongé dans des fiches ou les yeux rivés sur leur smartphone.
Un sommet méconnu de la jeunesse kenyane
« Macron ? C’est le président français ? » hésite l’un d’eux, avec un sourire poli. Le sommet Africa Forward qui, les 11 et 12 mai, doit réunir chefs d’État et gotha du business franco-africain ? « Jamais entendu parler. » Au pied de la tour UoN, phare de verre bleu dominant la ville, la jeunesse ultérieure semble largement ignorer cet événement diplomatique majeur.
Un virage stratégique vers l'Afrique anglophone
Face au déclin de l’influence française au Sahel et en Afrique de l’Ouest, Paris mise désormais sur les puissances anglophones. Ce sommet, organisé à Nairobi, doit acter une diplomatie de « reconquête » du continent, loin des pesanteurs coloniales du passé. Le président Macron, qui avait déjà participé au Nouveau Sommet Afrique-France à Montpellier en 2021, cherche à renouveler la relation avec l'Afrique en s'appuyant sur des partenaires comme le Kenya, pays anglophone et hub régional.
Les enjeux du sommet Africa Forward
Ce sommet, qui se tient les 11 et 12 mai, réunira chefs d’État, entrepreneurs et investisseurs. L'objectif affiché est de renforcer les liens économiques et politiques, tout en adoptant une approche moins paternaliste que par le passé. Parmi les thèmes abordés : la transition énergétique, le numérique, la santé et l'éducation. La France espère ainsi contrer l'influence croissante de la Chine et de la Russie sur le continent.
Pour les observateurs, ce virage vers l'Afrique de l'Est et anglophone est une nécessité. « La France doit s'adapter à un monde multipolaire et à des partenaires qui ne sont plus les mêmes qu'il y a vingt ans », explique un expert. Le sommet de Nairobi pourrait marquer un tournant dans la politique africaine de Paris, à condition que les promesses se traduisent en actions concrètes.



