Sénégal : la lutte antidrogue fragilisée par la baisse de l'aide internationale
Sénégal : la lutte antidrogue fragilisée par la baisse de l'aide

La baisse de l'aide internationale compromet les avancées réalisées au Sénégal dans la lutte contre la drogue, alertent des experts. Selon un rapport de l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime (UNODC), le financement des programmes de prévention et de traitement a chuté de 30 % entre 2020 et 2025, exposant des milliers d'usagers à un risque de rechute vers l'héroïne.

Des progrès menacés par le désengagement financier

Depuis 2018, le Sénégal avait enregistré une réduction de 40 % de la consommation d'héroïne dans les zones urbaines, grâce à des initiatives soutenues par des partenaires internationaux comme l'Union européenne et les États-Unis. Ces programmes comprenaient des centres de désintoxication, des campagnes de sensibilisation et des alternatives économiques pour les jeunes. Cependant, la diminution des fonds a conduit à la fermeture de plusieurs centres et à la réduction des activités de prévention.

« Le risque, c'est qu'après des années de progrès, les usagers retournent à l'héroïne », explique le Dr. Aminata Diallo, directrice de l'Agence sénégalaise de lutte contre la drogue. « Nous avons besoin d'un engagement durable de la communauté internationale pour maintenir ces acquis. »

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Une situation aggravée par la crise économique

La pandémie de Covid-19 et la guerre en Ukraine ont détourné l'attention et les ressources des pays donateurs, réduisant leur aide au développement. Le Sénégal, qui dépendait à 60 % de l'aide étrangère pour ses programmes antidrogue, se retrouve en première ligne. Les autorités locales tentent de réaffecter des budgets, mais les moyens restent insuffisants face à l'ampleur du défi.

Dans la banlieue de Dakar, des associations locales constatent une recrudescence des trafics et des consommations. « Les jeunes revendent ce qu'ils consomment, faute de travail », témoigne Moussa Ba, éducateur de rue. « Sans soutien, ils retombent dans la spirale. »

Un appel à la solidarité internationale

L'UNODC appelle à une mobilisation urgente pour éviter une crise sanitaire. « Le Sénégal a montré que des interventions ciblées fonctionnent, mais elles nécessitent des financements stables », souligne le représentant de l'ONU au Sénégal. Des discussions sont en cours avec de nouveaux partenaires, notamment des fonds privés et des pays émergents, mais les résultats tardent à se concrétiser.

En attendant, les usagers et les professionnels de santé redoutent un retour en arrière. « Nous ne pouvons pas laisser ces personnes sans soutien », conclut le Dr. Diallo.

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