Le dépouillement du second tour de l'élection présidentielle au Pérou, qui s'est déroulé dimanche 7 juin, pourrait prendre entre deux semaines et la fin du mois de juin, ont annoncé les autorités électorales lundi. Ce délai inhabituellement long s'explique par la complexité du scrutin et les mesures sanitaires liées à la pandémie de Covid-19.
Un processus électoral sous tension
Le second tour oppose la candidate de droite Keiko Fujimori à son rival de gauche Pedro Castillo. Les résultats préliminaires donnent une légère avance à Castillo, mais l'écart est si faible que l'issue du scrutin reste incertaine. Les deux camps ont revendiqué la victoire, et des accusations de fraude ont déjà été formulées.
L'Office national des processus électoraux (ONPE) a précisé que le comptage des voix pourrait prendre plus de temps que prévu en raison de la nécessité de vérifier les procès-verbaux et de traiter les contestations. De plus, la pandémie a ralenti la logistique électorale, notamment dans les zones rurales reculées.
Un climat politique tendu
Les partisans des deux candidats ont manifesté dans les rues de Lima et d'autres villes, tandis que les observateurs internationaux appellent au calme et à la patience. L'Union européenne et l'Organisation des États américains ont déployé des missions d'observation pour garantir la transparence du processus.
Keiko Fujimori, fille de l'ancien président Alberto Fujimori, est une figure controversée, tandis que Pedro Castillo, syndicaliste enseignant, promet une refonte de la Constitution et une nationalisation des ressources naturelles. Leurs programmes radicalement opposés rendent l'enjeu de cette élection crucial pour l'avenir du pays.
Des précédents de dépouillement long
Le Pérou a déjà connu des dépouillements prolongés par le passé. En 2016, le décompte final des voix avait pris plusieurs semaines. Cette année, la pandémie ajoute une couche de complexité, avec des bureaux de vote moins nombreux et des procédures sanitaires strictes.
Les résultats définitifs pourraient être connus seulement à la fin du mois de juin, voire début juillet. En attendant, la tension reste vive dans le pays, et les appels à la retenue se multiplient. La communauté internationale suit de près l'évolution de la situation, craignant une escalade des violences.



