Pourquoi si peu de cyclistes africains au Tour de France ?
Pourquoi si peu de cyclistes africains au Tour de France ?

Le Tour de France, l'une des plus grandes compétitions sportives au monde, compte très peu de cyclistes africains. En 2026, seuls trois coureurs originaires d'Afrique subsaharienne ont pris le départ, soit moins de 2% des 176 participants. Pourquoi une telle sous-représentation alors que le cyclisme est populaire dans plusieurs pays du continent ?

Un héritage colonial et des infrastructures limitées

Le cyclisme africain souffre d'un manque d'infrastructures et de soutien financier. Selon l'Union Cycliste Internationale (UCI), seuls 14 pays africains disposent de fédérations actives et de compétitions régulières. "Le développement du cyclisme en Afrique est freiné par le manque de routes adaptées, de vélos de qualité et d'entraîneurs formés", explique David Lappartient, président de l'UCI.

Historiquement, les premiers coureurs africains sont apparus dans les années 1980, mais sans véritable structure professionnelle. Le Kenya, l'Érythrée et l'Afrique du Sud sont les seuls pays à avoir produit des cyclistes de niveau mondial.

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Des talents africains mais peu de visibilité

Malgré les difficultés, quelques coureurs africains se distinguent. L'Érythréen Biniam Girmay, vainqueur d'une étape du Tour d'Italie en 2022, est un exemple. "Girmay montre que les Africains peuvent briller, mais il faut plus de courses et d'équipes sur le continent", souligne le journaliste sportif Jean-Michel Rouet.

En 2026, l'équipe Q36.5 Pro Cycling, qui inclut des coureurs africains comme le Rwandais Samuel Mugisha, tente de promouvoir le cyclisme africain. "Notre objectif est de créer des opportunités pour les jeunes talents d'Afrique", déclare le manager de l'équipe, Douglas Ryder.

Des initiatives pour l'avenir

Des programmes comme le "Africa Rising Cycling Center" au Rwanda forment de jeunes cyclistes. Depuis 2015, plus de 100 coureurs ont été formés, dont certains ont rejoint des équipes professionnelles. L'UCI a également lancé un fonds de développement de 1 million d'euros pour le cyclisme africain.

Cependant, le chemin est long. "Il faudra au moins une décennie pour voir une représentation significative des Africains dans le peloton du Tour de France", estime Lappartient.

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