Une visite sous le signe de la coopération migratoire
Le ministre de l'Intérieur algérien, Brahim Merad, effectue une visite officielle à Paris ce lundi 1er juin 2026. Au cœur des discussions avec son homologue français, Gérald Darmanin, figure la question épineuse des obligations de quitter le territoire français (OQTF). Ce dossier, source de tensions récurrentes entre les deux pays, concerne les ressortissants algériens en situation irrégulière sur le sol français.
Un enjeu diplomatique majeur
La France souhaite obtenir de l'Algérie une coopération accrue pour la délivrance des laissez-passer consulaires, nécessaires à l'exécution des OQTF. Selon des sources proches du ministère de l'Intérieur, près de 40 % des OQTF délivrées à des Algériens ne sont pas exécutées en raison de l'absence de ces documents. Cette situation alimente un débat politique sensible en France, où l'opposition dénonce une « impuissance » de l'État.
Des avancées attendues
Les discussions devraient également aborder la question des accords bilatéraux de 1968, qui régissent le statut des Algériens en France. Paris souhaite une révision de ces accords pour faciliter les expulsions. De son côté, Alger plaide pour une approche plus humaine, insistant sur le respect des droits des migrants. Les deux ministres doivent signer une déclaration conjointe visant à renforcer la coopération en matière de lutte contre l'immigration irrégulière.
Un contexte tendu
Cette visite intervient dans un climat de méfiance réciproque. En mars dernier, la France avait exprimé son mécontentement face au refus de l'Algérie de reprendre certains de ses ressortissants. En réponse, Alger avait accusé Paris de « stigmatiser » sa communauté. Malgré ces tensions, les deux pays affichent leur volonté de dialoguer. « Nous avons besoin d'une relation apaisée et constructive », a déclaré Brahim Merad à son arrivée à Paris.
Les OQTF en chiffres
En 2025, la France a émis plus de 120 000 OQTF, dont environ 15 % concernent des Algériens. Seulement 20 % de ces mesures ont été exécutées. Pour les Algériens, ce taux tombe à 8 %, soit le plus faible parmi les nationalités les plus représentées. Ces chiffres illustrent l'ampleur du défi que représente la mise en œuvre des OQTF.
Quelles perspectives ?
Les observateurs estiment que cette visite pourrait marquer un tournant si les deux parties parviennent à un accord sur les laissez-passer consulaires. La France espère également obtenir des garanties sur la réadmission des mineurs isolés algériens. En contrepartie, Alger pourrait demander une augmentation des visas accordés à ses ressortissants. Les discussions se poursuivront dans l'après-midi, avant une conférence de presse conjointe prévue en fin de journée.



