Mali : l'armée et les Russes reprennent la ville d'Anéfis dans le nord
Mali : armée et Russes reprennent Anéfis dans le nord

L'armée malienne, appuyée par des mercenaires russes, a repris le contrôle de la ville d'Anéfis, dans le nord du Mali, le 9 juillet 2026. Cette localité stratégique, située entre Gao et Kidal, était aux mains des groupes rebelles touaregs depuis 2014. L'opération, menée par les Forces armées maliennes (FAMa) et des éléments du groupe Wagner, a permis de chasser les combattants du Cadre stratégique permanent pour la paix, la sécurité et le développement (CSP-PSD), une coalition de groupes armés issus de l'Accord de paix de 2015.

Une offensive éclair et une victoire symbolique

Selon des sources militaires maliennes, l'offensive a débuté à l'aube et a duré moins de trois heures. Les troupes gouvernementales ont utilisé des véhicules blindés et des drones pour neutraliser les positions rebelles. Un porte-parole de l'état-major général des armées a déclaré : « Anéfis est désormais sous notre contrôle total. Les terroristes et leurs complices ont été mis en déroute. » De son côté, le CSP-PSD a confirmé la perte de la ville dans un communiqué, affirmant avoir procédé à un « repli tactique » pour éviter des pertes civiles.

Anéfis, carrefour routier important sur l'axe reliant Gao à Kidal, avait une valeur symbolique et stratégique. Sa reprise permet à la junte malienne, dirigée par le colonel Assimi Goïta, de renforcer sa position avant les négociations de paix prévues sous l'égide de l'Union africaine. Elle intervient après une série de défaites des rebelles touaregs face à l'armée et aux mercenaires russes, notamment la perte de la localité d'Anefis en mai 2026.

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Le rôle des mercenaires russes de Wagner

Les mercenaires russes du groupe Wagner, déployés au Mali depuis 2021, ont joué un rôle clé dans cette offensive. Selon des témoignages recueillis sur place, ils ont fourni un appui aérien et des conseils tactiques aux FAMa. Leur présence est régulièrement dénoncée par les organisations de défense des droits humains, qui les accusent de violations. Un analyste malien basé à Bamako a expliqué : « La coordination entre l'armée malienne et Wagner est de plus en plus efficace. Cela change la donne sur le terrain. »

Cette reprise d'Anéfis est la première grande victoire de l'armée malienne depuis la rupture de l'accord de paix de 2015 avec les groupes rebelles, en janvier 2024. Le gouvernement de transition a promis de restaurer l'intégrité territoriale du pays, contestée par les indépendantistes touaregs et les groupes jihadistes.

Réactions internationales et conséquences humanitaires

La communauté internationale est divisée sur cette avancée. La France, par la voix de son ministère des Affaires étrangères, a appelé à « une solution politique inclusive » et dénoncé l'ingérence russe. En revanche, la Russie a salué une « opération antiterroriste légitime ». Les Nations unies, à travers la MINUSMA, ont exprimé leur préoccupation quant au sort des civils. Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA), plus de 10 000 personnes ont fui les combats dans la région de Kidal depuis le début de l'année.

Sur le plan humanitaire, la reprise d'Anéfis pourrait permettre un accès accru aux aides pour les populations isolées. Cependant, des organisations comme Médecins Sans Frontières craignent des représailles contre les civils accusés de soutenir les rebelles. Un habitant d'Anéfis joint par téléphone a confié : « Nous avons peur des représailles. Beaucoup de jeunes ont fui vers Kidal. »

Quel avenir pour le nord du Mali ?

La reprise d'Anéfis ne signifie pas la fin du conflit dans le nord du Mali. Les groupes rebelles touaregs restent actifs dans la région de Kidal, leur bastion historique. Le CSP-PSD a promis de poursuivre la lutte. Par ailleurs, les groupes jihadistes affiliés à Al-Qaïda et à l'État islamique continuent de semer la terreur dans le centre et le nord du pays. Selon l'International Crisis Group, la stratégie de la junte, combinant force militaire et recours à Wagner, pourrait exacerber les tensions ethniques et prolonger l'instabilité.

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Le gouvernement malien mise sur un dialogue avec certains groupes armés tout en isolant les factions les plus radicales. Une conférence de réconciliation nationale est prévue pour la fin de l'année 2026. Cependant, les observateurs restent sceptiques quant à ses chances de succès, tant les positions sont éloignées.