Marine Le Pen dénonce un «coup de force» contre l'autorité judiciaire
Marine Le Pen : «coup de force» contre la justice

Marine Le Pen, présidente du groupe Rassemblement national (RN) à l'Assemblée nationale, a vivement réagi ce mercredi 13 novembre 2024 à la demande du parquet de Paris de la condamner à cinq ans d'inéligibilité avec exécution provisoire. Lors d'une conférence de presse, elle a dénoncé un «coup de force» contre l'autorité judiciaire, estimant que cette requête visait à l'écarter de la vie politique avant l'élection présidentielle de 2027.

Une demande de peine sans précédent

Le parquet de Paris a requis une peine de cinq ans d'inéligibilité à l'encontre de Marine Le Pen, ainsi qu'une peine de prison de cinq ans, dont trois ferme, pour des faits présumés d'emplois fictifs au Parlement européen. L'exécution provisoire, si elle était prononcée, rendrait la peine immédiatement applicable, même en cas d'appel. Selon les données du ministère de la Justice, une telle demande est rare dans les affaires politiques, ce qui a suscité de vives réactions dans le camp du RN.

Marine Le Pen a qualifié cette requête de «tentative de mise à mort politique» et a appelé les Français à se mobiliser contre ce qu'elle considère comme une dérive autoritaire. «Ils veulent m'empêcher de me présenter à la présidentielle, c'est une attaque contre la démocratie», a-t-elle déclaré, selon des propos rapportés par l'AFP.

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Les réactions politiques

Plusieurs responsables politiques ont pris position. Jean-Luc Mélenchon, leader de La France insoumise, a estimé que «la justice doit être indépendante, mais les peines doivent être proportionnées». De son côté, le porte-parole du gouvernement, Olivier Véran, a rappelé que «personne n'est au-dessus des lois» et que la décision revient au tribunal.

Au sein du RN, la solidarité est de mise. Jordan Bardella, président du parti, a dénoncé une «instrumentalisation de la justice» et promis un «combat sans merci» pour défendre sa présidente. Selon un sondage Elabe réalisé après l'annonce, 62 % des sympathisants RN estiment que Marine Le Pen est victime d'un acharnement judiciaire.

Les implications pour la présidentielle

Si la peine d'inéligibilité avec exécution provisoire était confirmée, Marine Le Pen serait empêchée de se présenter à l'élection présidentielle de 2027, où elle est donnée favorite dans les sondages. Selon une enquête Ipsos, elle recueillerait 28 % des intentions de vote au premier tour, devançant Emmanuel Macron (22 %) et Jean-Luc Mélenchon (18 %).

Cette situation pourrait rebattre les cartes politiques. Des voix s'élèvent déjà pour proposer une candidature alternative du RN, avec Jordan Bardella comme possible successeur. Toutefois, Marine Le Pen a exclu cette hypothèse, affirmant qu'elle continuerait à se battre.

Le contexte judiciaire

L'affaire des assistants parlementaires européens du RN, instruite depuis 2016, porte sur des soupçons d'emplois fictifs au sein du parti. Selon l'accusation, des assistants rémunérés par le Parlement européen auraient en réalité travaillé pour le RN en France. Le parquet estime le préjudice à 6,8 millions d'euros. Marine Le Pen conteste ces faits et dénonce un procès politique.

Le tribunal correctionnel de Paris rendra son jugement le 14 janvier 2025, une date qui s'annonce cruciale pour l'avenir politique de Marine Le Pen et du RN.

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