À Montpellier, la communauté iranienne a choisi une manière originale de se faire entendre. Le 10 mai, elle a organisé une boucle à vélo reliant Montpellier à Palavas-les-Flots, afin de dénoncer l'isolement du pays depuis la coupure quasi généralisée d'internet par le régime de la république islamique.
Un geste symbolique pour alerter l'opinion
Cette action s'inscrit dans le cadre de rassemblements mondiaux. Les participants, parmi lesquels Anaïd et Azad, deux figures de la communauté iranienne de Montpellier (environ trois cents familles), ont voulu attirer l'attention sur une situation qu'ils jugent intenable. "Un jeune a été exécuté car, selon 'eux', pris en train de communiquer par Starlink. Ce qui, chez nous, est considéré comme une trahison vis-à-vis du régime qui estime que c'est être un espion à la solde d'Israël ou des États-Unis", racontent-ils.
Un silence numérique total
Depuis plus de soixante-dix jours, internet est coupé. "Outre la communication, il y a beaucoup de pertes d'emplois car beaucoup de métiers se font en ligne. Aujourd'hui, c'est un silence numérique total… Sans écran, notamment depuis les 8 et 9 janvier, il y a tous les jours des aveux arrachés, des exécutions… La république n'a jamais fait de cessez-le-feu avec son peuple", poursuit Azad. Il insiste : "Notre action a seulement pour but d'alerter sur la situation. Car la république islamique est incompatible avec tout compromis."
Des proches isolés
Nombre de participants ont encore de la famille en Iran. Erfan, étudiant en master 1 d'électronique, témoigne : "Mes parents et mon frère y sont. Depuis trois mois, j'ai pu les contacter deux fois au téléphone, deux minutes." Il a choisi de venir étudier en France pour éviter de devoir allégeance aux mollahs. La boucle à vélo, partie de Montpellier, a traversé Palavas avant de revenir au point de départ, symbolisant un appel à la solidarité internationale.



