Ebola en RDC et Ouganda : l'OMS profondément préoccupée
L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a réuni mardi 18 mai un groupe d'experts à Genève pour évaluer les options vaccinales face à l'épidémie d'Ebola qui sévit en République démocratique du Congo (RDC) et en Ouganda. Selon le dernier bilan, 131 décès présumés ont été recensés, tandis que 516 cas suspects et 33 cas confirmés ont été comptabilisés en RDC. Deux cas ont été confirmés en Ouganda.
Une urgence de santé publique
Le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, s'est dit profondément préoccupé par l'ampleur et la rapidité de l'épidémie. Il a précisé que ces chiffres évolueront à mesure que les opérations sur le terrain s'intensifieront, notamment grâce au renforcement de la surveillance, de la recherche des contacts et des tests de laboratoire.
Selon l'OMS et le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies, l'épidémie de la souche Bundibugyo du virus Ebola représente une urgence de santé publique. Plusieurs facteurs inquiètent les autorités sanitaires : la présence de cas dans des zones urbaines comme Kampala en Ouganda, Goma et la province d'Ituri en RDC, ainsi que l'instabilité de la région densément peuplée, ravagée par une violence armée généralisée.
Des cas parmi le personnel de santé indiquent une transmission nosocomiale, alors qu'il n'existe aucun vaccin ni traitement approuvé contre cette souche. Le taux de létalité peut atteindre 40 %.
Mobilisation internationale
L'OMS a débloqué une aide d'urgence de 3,9 millions de dollars (3,36 millions d'euros) pour soutenir les autorités nationales. Les autorités ougandaises ont commencé à restreindre la circulation à la frontière, et le département d'État américain a recommandé aux ressortissants américains de ne pas se rendre dans la région. Les voyageurs ayant séjourné dans la zone ne seront pas autorisés à entrer aux États-Unis, sauf exception.
Les États-Unis ont mobilisé une enveloppe de 13 millions de dollars pour faire face à l'épidémie. Ils travaillent à la mise au point d'un traitement à base d'anticorps monoclonaux, selon le centre américain de contrôle et de prévention des maladies (CDC). Par ailleurs, un Américain testé positif au virus et six autres citoyens exposés ont été transférés en Allemagne pour y être soignés.



