Un patrimoine foncier réduit en cendres
Dans la ville de Bint Jbeil, au sud du Liban, le cadastre municipal a été entièrement détruit par des frappes aériennes. Cet événement, survenu dans la nuit du 27 mai, a anéanti des décennies d'archives foncières, laissant les habitants dans l'incertitude quant à leurs droits de propriété. « Sans ces documents, nous ne sommes plus rien, confie Hussein, un résident de longue date. Nos maisons, nos terres, tout cela n'existe plus sur le papier. »
Des conséquences profondes pour la communauté
La destruction du cadastre ne se limite pas à une perte administrative. Elle représente une atteinte à la mémoire collective et à l'identité des habitants. « Le cadastre, c'était notre histoire, notre ancrage dans cette terre, explique Fatima, une enseignante. Aujourd'hui, nous avons l'impression d'être des étrangers chez nous. » Cette perte complique également les démarches de reconstruction après des années de conflit. Les habitants craignent que l'absence de titres de propriété ne favorise les expropriations ou les litiges fonciers.
Un appel à l'aide internationale
Face à cette situation, les autorités locales lancent un appel à la communauté internationale pour restaurer les archives perdues. « Nous avons besoin de technologies modernes pour numériser ce qui peut être sauvé et reconstituer les registres, déclare le maire de Bint Jbeil. Sans cela, le retour des déplacés sera un cauchemar. » Des experts en gestion foncière soulignent que la reconstruction du cadastre pourrait prendre des années, mais qu'elle est essentielle pour la paix et la stabilité de la région.
Un traumatisme qui dépasse les frontières
Cet incident s'inscrit dans un contexte plus large de destruction des infrastructures civiles au Liban. Les organisations de défense des droits humains dénoncent une violation du droit international, qui interdit de cibler des biens civils. « Le cadastre est un outil fondamental pour la vie en société, rappelle un porte-parole de l'ONU. Sa destruction volontaire est un crime de guerre. » Pour les habitants de Bint Jbeil, la perte est irréparable. « Même si nous reconstruisons nos maisons, nous ne retrouverons jamais ce sentiment d'être chez nous, conclut Hussein. Le lien avec notre terre a été brisé. »



