Des dizaines de milliers d'étrangers vivant en Afrique du Sud ont été contraints de quitter le pays, victimes de licenciements et d'expulsions massives, révèle un rapport publié mardi 21 juillet. Selon l'organisation non gouvernementale Human Rights Watch, plus de 50 000 personnes ont été chassées de leurs logements ou ont perdu leur emploi depuis le début de l'année 2026.
Une campagne ciblant les travailleurs étrangers
Le rapport de Human Rights Watch documente une série de mesures prises par les autorités sud-africaines et des employeurs privés visant à expulser les étrangers. "Nous avons recueilli des témoignages de personnes qui ont été licenciées sans préavis, simplement en raison de leur nationalité", a déclaré Dewa Mavhinga, directeur pour l'Afrique australe de l'ONG. Selon l'enquête, les secteurs les plus touchés sont l'agriculture, la construction et les services domestiques.
Des expulsions arbitraires et violentes
Les expulsions ont souvent été menées de manière arbitraire, parfois avec violence. "Des familles entières ont été jetées à la rue, leurs biens confisqués", a ajouté M. Mavhinga. Le rapport cite le cas d'un ressortissant zimbabwéen, père de trois enfants, qui a été expulsé de son logement à Johannesburg sans aucun préavis. "Les autorités locales ont justifié ces actions par la nécessité de protéger les emplois pour les Sud-Africains", précise le document.
Un contexte de tensions xénophobes
Cette vague d'expulsions survient dans un climat de tensions xénophobes croissantes en Afrique du Sud. Le gouvernement sud-africain a récemment renforcé les contrôles migratoires et durci les conditions de séjour pour les étrangers. "Ces mesures sont discriminatoires et violent les droits fondamentaux des migrants", a dénoncé M. Mavhinga. Selon les estimations, plus de 2 millions d'étrangers vivent en Afrique du Sud, principalement originaires du Zimbabwe, du Mozambique et du Malawi.
Des conséquences humanitaires graves
Les conséquences de ces expulsions sont dramatiques pour les personnes concernées. "Beaucoup se retrouvent sans abri, sans revenus et sans accès aux soins", a indiqué le rapport. L'ONG appelle les autorités sud-africaines à mettre fin à ces pratiques et à garantir le respect des droits des migrants. "Il est urgent de mettre en place des procédures transparentes et équitables", a conclu M. Mavhinga.



