«Collapse»: un documentaire au plus près de Gaza
La réalisatrice israélienne Anat Even signe avec «Collapse» un documentaire poignant qui plonge le spectateur au cœur de la bande de Gaza. Loin des images choc des journaux télévisés, le film propose une immersion dans le quotidien des Gazaouis, entre résilience et désespoir. Présenté en avant-première au Festival de Cannes, ce long-métrage de 90 minutes a déjà suscité de vives réactions.
Un regard intime sur une vie sous blocus
Anat Even a suivi pendant plusieurs mois des familles gazaouies, capturant des moments de vie ordinaire: un enfant qui va à l'école, une mère qui prépare le repas, des jeunes qui jouent au football. Mais derrière cette apparente normalité, le blocus israélien et les conflits récurrents pèsent lourdement. Le film montre comment les habitants s'adaptent, inventent des solutions pour survivre, mais aussi comment l'espoir s'effrite face à l'enfermement.
«Mon but était de montrer la complexité de la vie à Gaza, sans tomber dans le misérabilisme ni la propagande», explique la réalisatrice. «Il y a de la joie, de l'amour, de la solidarité, mais aussi une immense fatigue et une colère sourde.»
Une réalisation sobre et percutante
Le documentaire se distingue par sa mise en scène épurée. Pas de voix off intrusive, pas de musique dramatique. Seulement des images brutes, filmées à hauteur d'homme, qui laissent la place aux silences et aux non-dits. La caméra d'Anat Even capte les regards, les gestes, les respirations. Elle s'attarde sur les détails: une fissure dans un mur, un jouet cassé, un ciel bas.
Le titre «Collapse» fait référence à l'effondrement, à la fois physique (les bâtiments détruits) et psychologique (la santé mentale des habitants). Mais il évoque aussi l'effondrement d'un système, celui de l'impasse politique.
Un film qui bouscule les consciences
«Collapse» a été salué par la critique pour sa justesse et son humanité. Certains y voient un antidote à la déshumanisation des Palestiniens dans les médias. D'autres, en revanche, critiquent un parti pris trop favorable au Hamas. Anat Even assume son point de vue: «Je ne suis pas neutre, je suis du côté des victimes civiles, quel que soit leur camp.»
Le documentaire sortira en salles le 15 juin prochain. Il devrait être suivi de débats dans plusieurs cinémas, en présence de la réalisatrice et d'experts du conflit israélo-palestinien. Une œuvre nécessaire pour comprendre la réalité de Gaza, loin des clichés.



