Selon une nouvelle enquête du Pew Research Center, reprise mercredi 15 juillet par The Washington Post, la Chine bénéficie désormais d'une image plus favorable que les États-Unis dans une large partie du globe. Menée auprès de plus de 40 000 personnes dans 36 pays et territoires, l'étude montre que dans 27 d'entre eux, les populations ont une opinion plus positive de la Chine que des États-Unis. Un changement notable par rapport à l'année précédente, où la perception des États-Unis restait majoritairement plus favorable.
Une dégradation liée aux actions controversées de Washington
Cette évolution intervient dans un contexte marqué par des actions américaines très visibles et controversées : menaces d'annexion du Groenland et du Canada, guerre en Iran, imposition de droits de douane, enlèvement du président vénézuélien Nicolas Maduro, opérations militaires dans les Caraïbes et réduction de l'aide au développement. "Certaines des opinions exprimées à l'égard des États-Unis atteignent ou frôlent des niveaux historiquement bas", souligne Laura Silver, directrice adjointe du Pew Research Center, au Washington Post.
La défiance gagne les alliés historiques
En Europe occidentale, l'image des États-Unis s'est fortement dégradée. En France et en Allemagne, seules 27 % des personnes interrogées déclarent avoir une opinion favorable des États-Unis. À l'inverse, 36 % des Français disent avoir une bonne image de la Chine. Parmi les Européens les plus favorables à Washington figure la Pologne, où 49 % des habitants ont une opinion positive des États-Unis contre 39 % pour la Chine. La Hongrie fait exception avec 58 % d'opinions favorables aux Américains contre 53 % pour la Chine.
Un retournement spectaculaire au Royaume-Uni
Au Royaume-Uni, l'année dernière, 50 % des Britanniques avaient une opinion favorable de Washington contre 39 % pour Pékin. Désormais, la Chine atteint 46 %, tandis que les États-Unis reculent à 41 %. Cette évolution est liée notamment aux conséquences internationales du conflit au Moyen-Orient, qui ont contribué à l'inflation alors que le Royaume-Uni faisait face à une crise du coût de la vie. Certains alliés restent attachés aux États-Unis, comme Israël : 81 % des Israéliens ont une opinion favorable de Washington, contre seulement 19 % pour la Chine.
Le rôle central de Donald Trump
Selon le Pew Research Center, Donald Trump joue un rôle central dans cette évolution négative. En France, lors de son premier mandat, 62 % des personnes interrogées avaient une opinion défavorable du président américain en 2018, contre 35 % en 2021. "Après l'élection de Joe Biden, environ deux tiers des Français disaient avoir confiance dans notre pays, cette proportion a diminué progressivement jusqu'en 2024, avant d'atteindre son plus bas niveau avec la réélection de Donald Trump", expliquait en janvier dans L'Express Jonathan Schulman, chercheur associé au Pew Research Center et coauteur de l'étude.
La Chine profite du recul américain, mais suscite la méfiance dans son voisinage
Dans son voisinage immédiat, Pékin continue de susciter une vive méfiance en raison de ses revendications territoriales en mer de Chine méridionale, contestées par le Japon, les Philippines, Taïwan, la Malaisie ou encore l'Indonésie. Malgré cela, à l'échelle mondiale, l'écart entre les deux puissances s'est nettement resserré depuis 2021. Si les personnes interrogées continuent d'estimer que les États-Unis respectent davantage les libertés individuelles que la Chine, cet avantage s'amenuise. Un indice que, dans la bataille d'influence que se livrent Washington et Pékin, la démocratie et les libertés pèsent désormais moins qu'auparavant dans la perception internationale des États-Unis.



