Le Burkina Faso impose l'usage du terme « camarade » dans les administrations
Les administrations publiques burkinabè sont désormais tenues d'utiliser le terme « camarade » pour s'adresser aux citoyens, selon une circulaire du gouvernement. Cette mesure, annoncée le 5 juin 2026, vise à promouvoir l'égalité et la fraternité entre les citoyens et l'administration.
La circulaire, signée par le ministre de la Fonction publique, précise que tous les agents de l'État doivent employer ce vocable dans leurs communications écrites et orales avec les usagers. Cette décision s'inscrit dans le cadre de la refondation de l'État engagée par les autorités de transition.
Une mesure politique ou symbolique ?
Pour le gouvernement, l'utilisation du terme « camarade » permet de créer un lien de proximité et de solidarité entre l'administration et les citoyens. « Nous voulons briser les barrières hiérarchiques et instaurer une relation de confiance », a déclaré le porte-parole du gouvernement.
Cependant, cette mesure suscite des réactions mitigées dans la population. Certains y voient une avancée vers plus d'égalité, tandis que d'autres dénoncent une ingérence dans le langage quotidien. « On nous impose un vocabulaire qui rappelle les régimes autoritaires », s'indigne un syndicaliste.
Les administrations ont un délai de trois mois pour se conformer à cette directive. Des sanctions sont prévues en cas de non-respect, allant d'un avertissement à des mesures disciplinaires.
Cette décision intervient dans un contexte où le Burkina Faso cherche à renforcer son identité nationale et à lutter contre les pratiques héritées de la colonisation. Le terme « camarade » est déjà utilisé dans les milieux politiques et associatifs proches du pouvoir.



