Depuis mardi 28 juillet, l'Établissement public de santé mentale de la Marne (EPSM) et le CHU de Reims sont confrontés à une vague d'appels hostiles déclenchés par les vidéos de l'influenceuse Maya BF. Sur Snapchat et TikTok, la jeune Rémoise affirme avoir été hospitalisée contre son gré en psychiatrie et accuse ses parents d'avoir organisé son internement. Aucune autre source n'est en mesure de confirmer ces déclarations, les deux établissements étant tenus au secret médical.
Des milliers d'appels "menaçants et insultants"
L'EPSM indique avoir reçu "plusieurs milliers d'appels", qualifiés pour la plupart de "menaçants et insultants". Près de 700 avis ont également été publiés sur les fiches Google de l'établissement, dont plusieurs ont été supprimés après signalement. Le CHU de Reims évoque de son côté des centaines d'appels et une centaine d'avis négatifs, désormais retirés, selon France 3 Grand Est et ICI Champagne-Ardenne.
La diffusion des vidéos de l'influenceuse a donc eu un effet immédiat sur les standardistes et les services d'accueil. Les équipes ont dû gérer un flux continu de communications hostiles, tout en poursuivant leur activité de soins. Les files d'attente au téléphone se sont allongées, mobilisant du personnel qui aurait dû être consacré aux patients. Vendredi, le CHU estimait que la situation commençait à se stabiliser, mais la vigilance restait de mise.
Des abonnés mobilisés devant les hôpitaux
La communauté de Maya BF ne s'est pas limitée aux appels. Certains abonnés se sont filmés devant les sites hospitaliers, affirmant vouloir entrer ou remettre un chargeur à l'influenceuse par l'intermédiaire du personnel. D'autres ont relayé des accusations non vérifiées de maltraitance, d'internements abusifs ou de corruption visant des médecins, élargissant la polémique bien au-delà du cercle initial.
Un appel à manifester devant l'hôpital Henri-Ey ou le CHU a circulé sur les réseaux sociaux, avant qu'un appel à ne pas se rassembler ne soit diffusé. Les deux établissements ont néanmoins renforcé leur sécurité et les rondes sur place. Les équipes de sécurité ont été alertées dès les premiers messages et ont adapté leurs dispositifs au fil des heures.
Secret médical et signalement au parquet
Face à cette escalade, l'EPSM a signalé les faits au procureur de la République de Reims. Cette saisine vise à permettre l'identification des auteurs des appels et des messages malveillants, qui s'exposent à des poursuites pénales. Les établissements rappellent que le secret médical s'applique à toute prise en charge. Ils ne peuvent donc ni confirmer ni infirmer les déclarations de l'influenceuse, ce qui alimente inévitablement les spéculations.
Dans cette affaire, l'hospitalisation sous contrainte est encadrée par la loi. Les médecins doivent évaluer l'état de santé du patient et la nécessité d'une telle mesure. Aucun document public ne permet pour l'instant de valider la version de Maya BF, et les internautes se sont largement appuyés sur des rumeurs.
Cette affaire met en lumière les conséquences concrètes des campagnes de harcèlement menées sur les réseaux sociaux. Une simple vidéo, sans preuve, peut suffire à mobiliser des centaines de personnes et à perturber le fonctionnement d'établissements de santé. Les soignants, déjà confrontés à des conditions difficiles, doivent faire face à une violence numérique qui dépasse le simple désaccord.
Le parquet de Reims examine désormais les signalements. Si les faits dénoncés par l'influenceuse ne sont pas établis, les personnes ayant participé à cette vague de menaces pourraient être tenues pour responsables. En attendant, les hôpitaux de Reims restent en alerte, avec une sécurité renforcée pour éviter tout incident aux abords des urgences.



