Bordeaux refuse le legs d'un musée africain par une sage-femme
Bordeaux refuse le legs d'un musée africain

La ville de Bordeaux a refusé le legs d'une collection d'objets africains proposé par une sage-femme décédée en 2023. Cette décision a suscité de vives réactions dans le milieu culturel et associatif, qui y voit un manque d'intérêt pour l'histoire coloniale de la ville.

Une collection unique en péril

La sage-femme, passionnée par l'Afrique, avait constitué au fil des ans une collection de plusieurs centaines d'objets, dont des masques, des statues et des instruments de musique. Elle souhaitait léguer ce « petit musée africain » à la ville de Bordeaux, espérant qu'il soit exposé et valorisé.

La mairie de Bordeaux a justifié son refus par des contraintes budgétaires et logistiques. Selon un porte-parole, la ville ne dispose pas actuellement des moyens nécessaires pour accueillir et entretenir cette collection. « Nous ne pouvons pas nous engager à préserver des collections sans garanties financières solides », a-t-il déclaré.

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Des critiques acerbes

Cette décision a été vivement critiquée par plusieurs associations de défense du patrimoine africain. Pour elles, ce refus illustre un désintérêt pour l'histoire coloniale de Bordeaux, ville qui fut un port majeur de la traite négrière. « C'est une occasion manquée de reconnaître et de valoriser l'apport des cultures africaines à notre histoire commune », a déploré le président d'une association locale.

Des universitaires et des personnalités politiques se sont également émus de ce refus. Certains y voient une forme de « déni colonial » et appellent la ville à revenir sur sa décision. Une pétition en ligne a déjà recueilli plusieurs milliers de signatures.

Un appel à la responsabilité

Les héritiers de la sage-femme cherchent désormais une autre solution pour préserver cette collection. Plusieurs musées et institutions culturelles se sont dits intéressés, mais aucun n'a encore formulé d'offre concrète.

Cette affaire relance le débat sur la place de l'héritage africain dans les villes françaises. Bordeaux, comme d'autres ports négriers, est confronté à son passé colonial et aux traces matérielles qui en subsistent. Le refus de ce legs interroge sur la volonté des institutions de s'engager dans une véritable démarche de mémoire et de réparation.

En attendant, la collection reste entreposée dans un local privé, dans l'attente d'une solution pérenne. Les associations espèrent que la ville de Bordeaux finira par accepter ce legs, consciente de sa valeur historique et culturelle.

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