Une compétition croissante pour l'influence en Afrique
La Russie, la Chine et d'autres puissances mondiales intensifient leur rivalité pour étendre leur influence sur le continent africain, selon une analyse récente. Moscou et Pékin adoptent des approches différentes, mais toutes deux visent à contrer la présence occidentale traditionnelle. La Russie mise sur des alliances militaires et des partenariats énergétiques, tandis que la Chine privilégie les investissements massifs dans les infrastructures et le commerce.
La stratégie russe : militaire et énergétique
Depuis 2014, la Russie a signé des accords de coopération militaire avec plus de 30 pays africains. En 2023, elle a livré pour 1,2 milliard de dollars d'équipements militaires au continent. Selon un rapport du Centre d'études stratégiques de l'Afrique, « la Russie cherche à accéder aux ressources naturelles et à établir des bases navales, comme en République centrafricaine et au Soudan ». Le groupe Wagner, lié au Kremlin, est actif dans plusieurs pays, fournissant des mercenaires en échange de concessions minières.
L'approche chinoise : infrastructures et commerce
La Chine, de son côté, a investi plus de 150 milliards de dollars en Afrique entre 2000 et 2020, principalement dans des projets d'infrastructures via les Nouvelles Routes de la Soie. En 2022, le commerce sino-africain a atteint 282 milliards de dollars, faisant de Pékin le premier partenaire commercial du continent. Un expert de l'Institut chinois des études africaines souligne : « La Chine ne cherche pas à imposer un modèle politique, mais à promouvoir le développement économique mutuel. »
Les autres puissances en lice
D'autres acteurs comme la Turquie, les Émirats arabes unis et l'Inde renforcent également leur présence. La Turquie a multiplié ses ambassades en Afrique, passant de 12 en 2002 à 43 en 2023. Les Émirats ont investi dans les ports et les énergies renouvelables. L'Inde mise sur la coopération technologique et pharmaceutique, avec des exportations de médicaments vers l'Afrique atteignant 3,5 milliards de dollars par an.
Impact sur les pays africains
Cette compétition offre aux pays africains des opportunités de diversification de leurs partenariats, mais pose aussi des risques. Selon la Banque africaine de développement, « la dette africaine envers la Chine a augmenté de 300 % en dix ans, soulevant des inquiétudes sur la soutenabilité ». Par ailleurs, les accords opaques avec la Russie peuvent exacerber les tensions locales. Les dirigeants africains doivent naviguer entre ces influences pour maximiser les bénéfices tout en préservant leur souveraineté.



