Pour la sixième année consécutive, le convoi historique de l'association Géronimo a traversé les rues de Callian, faisant revivre la libération du village survenue le 15 août 1944. Sous les applaudissements des Calliannais, aux fenêtres ou sur le bord de la route départementale 56, le convoi a fait une halte sur la place du village où les véhicules d'époque étaient exposés.
Un devoir de mémoire transmis de génération en génération
La municipalité de Callian souhaite faire revivre chaque année, grandeur nature, les moments de liesse qui ont marqué la libération du village. Certains anciens, qui étaient les jeunes de l'époque, sont encore là pour partager les histoires qu'ils ont vécues, tandis que ceux qui n'étaient pas encore nés ont reçu ce devoir de mémoire de leurs parents ou grands-parents. Ainsi, des souvenirs se transmettent au sein des familles, comme le raconte un habitant : « Cet été 1945 fut un été pourri sur le plan météo et les forces américaines, qui devaient être parachutées entre Le Muy et La Motte, se sont retrouvées dans la plaine de Montauroux et Callian. Les populations des deux villages les accueillirent de leur mieux. Les parachutistes américains étaient tellement affamés ! »
Une cérémonie officielle riche en émotions
Après l'exposition des véhicules, le passage en revue et en musique par les autorités municipales, militaires et toutes les unités constituées a eu lieu, suivi des discours du délégué à la défense, Philippe Vercher, et du maire François Cavallier, en présence du major Jean-Christophe Borda, commandant la gendarmerie territoriale de Fayence, et de nombreux élus du conseil municipal. Les porte-drapeaux intergénérationnels ont reçu les honneurs. Le convoi est reparti ensuite vers le monument aux Morts du cimetière de Callian pour le dépôt des gerbes.
Des anecdotes et des hommages poignants
De nombreux Calliannais se plaisent à raconter des anecdotes sur ces moments de joie, mais aussi de tristesse parfois. Robert Peillon, fils du facteur de l'époque, qui vient de fêter ses 91 ans, raconte en détail « l'arrestation de l'instituteur Honoré Bourguignon qui, dénoncé, sera déporté au camp de Dachau dont il ne reviendra pas ». Les Calliannais honorent chaque année la mémoire de cet instituteur au pied de la plaque qui lui est dédiée sur la place du village. Bien d'autres faits restent gravés à jamais dans les mémoires.
Un appel à la vigilance pour l'avenir
Lors de son long discours, le délégué à la défense n'a toutefois pas évoqué ce jour d'août 1944 où Callian fut libérée. Il a rappelé que « commémorer, ce n'est pas que regarder le passé mais aussi de prévoir l'avenir et regarder loin devant, car la paix n'est jamais définitivement acquise. Aujourd'hui, la possibilité d'un conflit dans les prochaines années n'est pas exclue. Il est temps de nous réveiller un peu ». Cette mise en garde a résonné comme un appel à la vigilance, tandis que le devoir de mémoire demeure essentiel pour les générations futures.



