Trois incidents en quelques jours dans les Pyrénées-Atlantiques
Jeudi 7 mai, une « attaque » de vautours sur un troupeau de vaches a été signalée à Salies-de-Béarn, selon le média agricole « Le Sillon ». Dimanche 10 mai, Thierry Granier, éleveur à Saint-Castin, a déploré trois « attaques » en trois ans sur ses vaches, rapportées par « La République des Pyrénées ». Enfin, mardi 12 mai, à Ustaritz, une jument ayant mis bas un poulain mort-né a été dévorée, comme relayé sur les réseaux sociaux.
Témoignage troublant d'un éleveur
Benoît Mourlaàs, éleveur de Blondes d’Aquitaine à Salies, raconte avoir été alerté par un voisin : « Il a entendu une de mes bêtes crier et a vu plein de vautours autour. » Arrivé sur place, il filme une scène où des dizaines d’oiseaux s’envolent alors qu’il klaxonne. « Le temps qu’on arrive, la bête était morte, ses yeux et sa bouche percés, son arrière-train mangé, toute bleue d’hématomes. Les vautours volaient pour faire courir les autres vaches ! »
Comportement prédateur ou opportunisme ?
Si les vautours sont charognards, ce comportement évoque une prédation : affoler le bétail pour causer des blessures, puis fondre sur la proie affaiblie. Mourlaàs évalue à une centaine le nombre de rapaces présents et craint désormais de laisser son troupeau dehors. Des techniciens de l’Office français de la biodiversité (OFB) ont constaté le décès. L’éleveur estime : « Les vautours descendent dans les plaines parce qu’ils ont faim. L’État doit les nourrir ou les réguler. »
L'OFB nuance le terme « attaque »
Xavier Horgassan, chef du service départemental de l’OFB dans les Pyrénées-Atlantiques, explique le protocole : « On collecte des éléments objectifs pour savoir si l’intervention était ante ou post-mortem. » Il commente : « Attaque, c’est un grand mot. Que les vautours interviennent sur des bêtes vivantes dans certaines situations, oui. » Il relate une observation en montagne où des vautours ont consommé une brebis agonisante, mais vivante. « C’est une scène forte, dure à regarder. »
Pas d'indemnisation pour les éleveurs
Contrairement aux attaques d’ours ou de loup, les dégâts de vautours n’ouvrent pas droit à indemnisation. À Salies, les éléments du témoignage ne concordent pas exactement avec les relevés. Selon le Plan national d’action vautours fauves (2016-2025), le nombre de plaintes se stabilise autour de 60-70 par an, dont une trentaine dans les Pyrénées-Atlantiques. Sur 170 cas expertisés, 37 % font état d’une intervention ante mortem, mais dans 84 % de ces cas, les animaux étaient condamnés ou vulnérables. Les vautours font alors preuve d’opportunisme. Des facteurs comme la compétition intraspécifique ou l’évolution des pratiques d’élevage pourraient expliquer ces phénomènes.



