Pour qui n'a pas le goût de la mécanique, régler un dérailleur ou remplacer des patins de frein peut sembler aussi inaccessible que le sommet du Tourmalet. Combien de bicyclettes finissent-elles remisées au garage à cause de freins trop lâches ou d'une chaîne qui saute ? En centre-ville de La Rochelle, sous les hauts arbres du square Bobinec, l'Atelier des petits clous propose d'enseigner ces petits soins. Ce lieu, géré par l'association Vive le vélo, permet aux adhérents d'utiliser en toute autonomie l'ensemble des outils et du matériel mis à disposition, pour un coût modique : 10 euros par an, 3 euros pour les étudiants et les chômeurs, 12 euros pour les familles. Graisse, lubrifiant, câbles de frein, pièces récupérées vendues au kilo... Une véritable caverne d'Ali Baba.
Des bénévoles pour guider les cyclistes
Sur les poutres de la mezzanine, des fiches-conseils aident les cyclistes dans leurs réparations. Mieux encore, sur certains créneaux, des bénévoles formés à l'autoréparation assurent des permanences pour partager leur savoir. « On applique la méthode des gants blancs : on assiste pour que les gens fassent par eux-mêmes », explique Thierry Manderscheid, bénévole. Tous les profils se croisent : le couple qui prépare sa prochaine randonnée, les étudiants qui entretiennent leur unique moyen de locomotion, l'ingénieur poussé par la curiosité intellectuelle. Benoît, 28 ans, fait partie de cette dernière catégorie. Il se dit « très nul de [ses] mains ». Pourtant, on le trouve en train de dévoiler la roue d'un vélo qu'il répare pour l'offrir. « Il y a quelque chose de satisfaisant à faire par soi-même. Puis, j'aime voyager à vélo, j'ai envie de savoir me débrouiller en cas de pépin. »
La « vélonomie » pour gagner en confiance
Tristan Allignol, récemment employé par l'association, appelle cela la « vélonomie » : « Plus on apprend, plus on se sent en confiance, plus on peut faire de distances. » D'expérience, il est convaincu que la réparation est à la portée de tous : « Si on prend le temps et qu'on ne se décourage pas, on y arrive. » Son arrivée a permis d'ouvrir de nouveaux créneaux d'autoréparation. Il est certain que cet accompagnement permet aux mains les moins habiles d'y croire. Et dans un secteur où chaque marque est différente, il peut être précieux de s'y mettre à plusieurs : « Il y a dans le vélo une diversité démoniaque », rit Thierry Manderscheid.
Historique et perspectives
Les ateliers d'autoréparation ont débuté en 2015 sous un préau de l'école Dor. En 2019, ils ont emménagé dans les locaux anciennement occupés par le Syndicat des gens de mer. L'arrivée de Tristan Allignol permet d'ouvrir des créneaux supplémentaires et d'envisager des ateliers thématiques. D'autres initiatives existent à La Rochelle et son agglomération, comme Vélopoldine ou le Repair café de Saint-Vivien. Pour Vive le vélo, ces rendez-vous participent de son ambition première : promouvoir l'usage quotidien de la bicyclette. Une dynamique qu'elle s'applique à renforcer mais, pour y arriver, elle a surtout besoin de bénévoles motivés. Les jours et horaires sont disponibles sur le site de l'association.



