Jean-Philippe Mateta a réussi son pari : il sera au Mondial. Les mois qui ont précédé l'annonce de la liste de Didier Deschamps ont ressemblé au reste de la carrière de Jean-Philippe Mateta : un parcours du combattant. Ce jeudi, le sélectionneur des Bleus a choisi neuf attaquants pour s'envoler en Amérique du Nord et « JP » a été préféré à Randal Kolo Muani pour être l'ultime invité de l'escouade assemblée pour la Coupe du monde 2026.
Un registre différent pour des options variées
« Le choix de Jean-Philippe Mateta apporte d'autres options, a justifié Didier Deschamps ce jeudi soir en conférence de presse. Il a été très efficace avec nous, avec son club aussi il présente des statistiques sans avoir joué pendant presque deux mois... 20 buts, 5 passes décisives. C'est un registre différent qui nous donne des options différentes dont on pourrait avoir besoin à un moment ou à un autre. »
Un parcours semé d'embûches
Pourtant, trois mois en arrière, l'attaquant d'1,92 m partait de loin. Après avoir explosé à Crystal Palace et découvert les Bleus, le natif de Sevran devait s'engager chez un cador européen cet hiver. Seulement, son transfert vers l'AC Milan a capoté à la visite médicale, la faute à un genou récalcitrant. Retour à la case Londres où l'attendaient deux mauvaises surprises : plus d'un mois de convalescence et des millions d'euros dépensés par les Eagles pour le remplacer.
Il en fallait plus pour l'éloigner de Boston. Un doublé dès son deuxième match de Premier League, un but lors du nul contre Everton dimanche dernier (2-2) en guise de rappel de dernière minute à Deschamps et une qualification pour la première finale européenne de l'histoire de son club : Mateta a réussi son pari.
Des Champs-Élysées à l'Amérique
Sa prestation en demi-teinte lors du revers à Manchester City (3-0) à la veille de la liste ne l'a pas éliminé. Il avait déjà trop attendu. Formé à Châteauroux, recalé à Lyon, reparti en Ligue 2 au Havre, relancé à Mayence, « JP » a finalement explosé lors de l'exercice 2023-2024 avec Palace. Avant d'embrayer par une campagne olympique à Paris 2024 marquée par 5 buts, une médaille d'argent et une arrivée dans le radar du public français.
Pas encore le grand public. Ce dernier a réellement découvert son style à l'ancienne - maillot rentré dans le short, profil de buteur qui pèse sur les défenseurs et dans la surface - le 10 octobre dernier lors de sa première cape en équipe de France A à 28 ans. Pas de but contre l'Azerbaïdjan ? Pas grave, il marque dès sa première titularisation en Bleu contre l'Islande (2-2) et récidive contre les Azéris en novembre (3-1).
Deux buts en trois sélections, alors qu'il devait aussi sa place aux nombreuses absences en attaque. À l'arrivée, il n'a raté qu'une seule chose lors de ses premiers rassemblements : « Le bizutage, quand il faut que tu chantes ! J'ai chanté Champs-Élysées de Joe Dassin, on ne peut pas dire que ça a été un succès, j'ai oublié les paroles. Mais tout le monde a chanté avec moi », avait-il raconté.
À l'instar de son profil unique dans le groupe retenu, sa personnalité solaire et le forfait d'Hugo Ekitike ont également pu peser dans l'esprit de Deschamps. « Je suis quelqu'un qui aime déconner mais être devant les caméras, ce n'est pas mon fort », s'était-il présenté à l'automne dernier. En Amérique du Nord, il ne sera a priori pas au premier plan, mais bien présent sur la plus belle des scènes.



