La présence et la persistance des micropolluants dans l'eau et dans l'environnement ne sont plus à démontrer. Ces résidus de substances chimiques, même en microdoses, peuvent avoir des conséquences néfastes et radicales sur les organismes vivants, leur santé et la nôtre.
Qu'est-ce qu'un micropolluant ?
Les micropolluants sont des substances indésirables présentes dans l'environnement, l'air, l'eau et les sols à une faible concentration, de l'ordre du microgramme voire du nanogramme par litre. Ils se distinguent des macropolluants comme les nitrates, les phosphates et les hydrocarbures. Bien que souvent peu toxiques à faible dose, ces contaminants peuvent provoquer des problèmes majeurs sur les organismes vivants : mutations génétiques, maladies chroniques, perturbation des hormones (perturbateurs endocriniens), altération de la croissance et de la reproduction, voire impact sur la survie de certaines espèces.
Le danger est double : d'une part, certaines substances toxiques peuvent s'accumuler dans l'organisme et polluer toute la chaîne alimentaire – c'est le cas des polluants éternels, ou PFAS – et d'autre part, en se combinant, elles créent des interactions imprévisibles et dangereuses, un phénomène appelé "effet cocktail".
Origine des micropolluants
Les micropolluants proviennent majoritairement des activités humaines, industrielles et agricoles. Ce sont des résidus de détergents, solvants, métabolites de pesticides, médicaments, cosmétiques, hydrocarbures, etc. Les activités quotidiennes comme la vaisselle, la lessive, la douche, le bain, les soins corporels, le bricolage et le jardinage libèrent des substances synthétiques qui finissent dans les canalisations, puis dans les stations d'épuration. Une grande partie de ces micropolluants résistent aux traitements des eaux usées et se retrouvent dans les eaux traitées rejetées en milieu naturel : eaux souterraines, lacs, cours d'eau et rivières, qui sont les sources de notre eau potable.
Les polluants éternels : les PFAS
L'Union européenne dénombre 110 000 molécules identifiées comme micropolluants. Parmi elles, les PFAS (substances per- et polyfluoroalkylées) regroupent 10 000 composés chimiques appréciés pour leurs propriétés imperméabilisantes, antiadhésives et résistantes à de fortes chaleurs. On les utilise pour rendre les tissus résistants aux taches ou empêcher les aliments de coller aux emballages et aux équipements de cuisine. Le problème vient de leur caractéristique intrinsèque : les liaisons carbone-fluor sont si fortes qu'elles ne se dégradent pas avec le temps, d'où le qualificatif de polluants "éternels".
Situation dans le bassin Adour-Garonne
Le bassin Adour-Garonne, qui couvre la Nouvelle-Aquitaine, l'Occitanie et une partie de l'Auvergne-Rhône-Alpes, est-il particulièrement touché par les micropolluants ? Selon l'Agence de l'eau Adour-Garonne, la spécificité agricole du bassin l'expose aux pesticides. "Une autre particularité est la présence de cadmium, un métal lourd provenant d'activités industrielles spécifiques, notamment dans le Lot-et-Garonne jusqu'aux zones littorales", indique l'agence dans son magazine Temp'O.



