Interdiction de fumer méconnue au lac du Salagou
Interdiction de fumer méconnue au Salagou

Malgré une réglementation stricte interdisant tout usage du feu autour du lac du Salagou, y compris les cigarettes, de nombreux visiteurs ignorent cette interdiction. Chaque année, entre 2 500 et 3 000 mégots sont abandonnés sur les rives du lac, représentant une menace à la fois pour l'environnement et pour la sécurité incendie dans un secteur entouré de massifs forestiers particulièrement vulnérables.

Lorraine, une touriste venue du Gers, témoigne : « Je ne fume jamais s’il y a des bébés à proximité… ou des herbes jaunes. Quand j’entends qu’un incendie s’est déclaré à cause d’un mégot, cela me rend folle. » Installée sur une crique de la Presqu'île de Rouens, elle écrase sa cigarette dans le sable rouge et range le mégot éteint dans un vieux paquet. Pourtant, elle admet : « J’ai regardé s’il y avait une interdiction de fumer autour du lac, mais je n’ai pas vu que ce soit prohibé… »

Une interdiction implicite mais réelle

Manon Lasternas, animatrice nature à l'association Demain la terre, explique : « Tous les feux sont interdits dans les zones forestières et dans un périmètre de 200 mètres autour, quel que soit le niveau de risque incendie… et donc le briquet et la cigarette le sont aussi. » Le lieutenant-colonel Aurélien Manenc, responsable de l'équipe spécialisée feux de forêt des pompiers de l'Hérault, confirme : « L’emploi du feu est effectivement interdit dans ces zones et ce périmètre. Ce qui s’applique aux abords du Salagou. »

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Pascal, le mari de Lorraine, reconnaît le risque : « Au Salagou, c’est vrai qu’il y a un risque. Si l'interdiction était clairement affichée, ce serait dissuasif. Tout bêtement, les touristes ne sont juste pas au courant. Beaucoup de gens respectent tout de même les lois. »

Un décret national depuis juin 2025

Depuis le 1er juin 2025, un décret national interdit de fumer sur les plages bordant des eaux de baignade. Selon le maire de Palavas, Christian Jeanjean, cette mesure a eu un impact spectaculaire : « Les résultats sont vertigineux : nous avons peu à peu réduit de 80 à 90 % la quantité de mégots ramassés. »

Au Salagou, cette interdiction nationale s'ajoute à la réglementation locale. Marie Passieux, présidente du Grand Site, indique : « Nous réfléchissons à faire évoluer l’affichage pour communiquer sur ce sujet. Mais l’interdiction doit passer par un décret municipal. »

Des élus partagés sur la communication

Bernard Coste, maire d'Octon et vice-président de la Communauté de communes du Clermontais délégué au tourisme, estime qu'un arrêté communal n'est pas nécessaire : « Au niveau municipal, nous n’avons rien mis en place. C’est une loi nationale, un arrêté communal ne se justifie pas. » Il ajoute que l'interdiction est complétée par les décrets préfectoraux qui, ponctuellement, interdisent l'accès aux massifs en raison du risque incendie. « Plus spécifiquement, au bord du Salagou, les feux sont aussi interdits dans le cadre de la réglementation départementale… »

Il regrette toutefois un manque de civisme : « La loi est contraignante, mais le réflexe citoyen est de moins en moins présent. Il me semble que c’est davantage une question de civisme que d’application de la loi. »

Amendes et sanctions

Le décret prévoit une amende de 135 euros pour les fumeurs sur les plages. En cas de contestation, de récidive ou de refus d'obtempérer, l'amende peut atteindre 750 euros. Malgré cet arsenal réglementaire, la réalité est que l'interdiction de fumer au Salagou reste largement méconnue des usagers, comme le montre le nombre élevé de mégots abandonnés chaque année.

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