Gigaro : mur anti-érosion de 220 m, chantier jusqu'en avril 2027
Gigaro : mur anti-érosion de 220 m jusqu'en avril 2027

Depuis début octobre, le boulevard de Gigaro à La Croix-Valmer est en chantier. Un mur de soutènement de 220 mètres de long doit être construit en contrebas de la route pour protéger le littoral de l'érosion. Le trottoir sera élargi de près de 90 centimètres. Les travaux doivent s'achever en avril 2027, avant la saison estivale.

Un chantier d'envergure pour protéger la route et la plage

Le secteur du littoral se transforme. Une voie de circulation côté plage est neutralisée, et l'alternat par feux tricolores restera en place pendant toute la durée du chantier, sauf durant les quinze jours des vacances de Noël et le marathon du golfe de Saint-Tropez, prévu le 14 mars prochain. La plage est interdite d'accès pour des raisons de sécurité.

Derrière ce chantier, un enjeu majeur : protéger durablement la route contre l'érosion et les coups de mer, mais aussi redonner de l'espace à une plage qui a progressivement disparu par endroits. Selon un rapport du Cerema, la plage de Gigaro recule en moyenne de 50 centimètres par an.

Un mur repensé pour mieux résister aux vagues

Construit en 1977, le mur de soutènement actuel montre d'importants signes de faiblesse. La mer a creusé sa base, provoquant des affouillements, tandis que la houle et les vagues ont multiplié les fissures. Les enrochements installés au pied du mur pour le protéger ont aussi eu un effet indésirable : ils ont contribué à faire disparaître une partie du sable.

« Il s'agit désormais d'y remédier », explique Philippe Mercery, responsable du service Gemapi maritime au sein du pôle environnement de la communauté de communes. Sur 220 mètres, un nouvel ouvrage sera réalisé contre le mur existant. Sa configuration doit mieux accompagner le mouvement des vagues et favoriser le retour naturel du sable. Une « casquette », au sommet du mur, permettra de repousser vers la mer le haut des vagues et de limiter les franchissements susceptibles de submerger la chaussée.

Un projet qui intègre climat, piétons et paysage

Le projet prend en compte la montée du niveau de la mer liée au dérèglement climatique. Les rochers actuellement en place seront retirés, réduits en taille si nécessaire, puis réutilisés pour consolider les fondations du nouvel ouvrage. L'objectif est aussi de retrouver une continuité de la plage d'est en ouest, aujourd'hui impossible en raison de l'érosion.

Le chantier doit enfin améliorer le quotidien des piétons. Une partie de la chaussée et du trottoir a été démolie pour permettre le réaménagement. À terme, le trottoir gagnera environ 90 centimètres de largeur, facilitant le passage des marcheurs et des poussettes. Les pins bordant le boulevard seront conservés. Mobilier urbain, éclairage et garde-corps compléteront l'aménagement. Deux des trois escaliers d'accès à la plage seront repositionnés dans l'alignement du mur.

« Nous sommes en avance sur le calendrier grâce aux bonnes conditions météorologiques », constate le maire, Nicolas Patel. Le planning tient compte des épisodes cévenols attendus. Situé dans le périmètre Natura 2000 de la Corniche varoise et sur un site inscrit au titre des bâtiments de France, le projet doit aussi préserver l'intégration paysagère du littoral. L'opération représente un investissement de 1,6 million d'euros TTC. La fin des travaux est prévue en avril 2027, avant la saison estivale.