Mobilités dans les Alpes-Maritimes : les solutions pour désengorger et verdir le trafic
Mobilités dans les Alpes-Maritimes : les solutions pour désengorger

À l'occasion de la Semaine européenne de la mobilité, le Groupe Nice-Matin a organisé, ce vendredi 18 septembre 2026, une conférence-débat à l'aéroport Nice Côte d'Azur. Animée par Baptiste Bize, directeur de la rédaction du Groupe Nice-Matin, elle a réuni trois acteurs majeurs des déplacements dans les Alpes-Maritimes : Anthony Dupont, directeur Mobilité Électrique du Groupe SMEG et patron de EVzen ; Eric Meneroud, directeur opérationnel de l'infrastructure Vinci Autoroutes ; et Laurent Lachkar, président départemental de Mobilians Alpes-Maritimes. Ils ont échangé sur l'état des lieux, les bonnes initiatives, les enjeux et les solutions pour fluidifier le trafic et décarboner.

Une dépendance quasi totale à l'autoroute

« Ce qui est particulier dans les Alpes-Maritimes, c'est que souvent les gens habitent loin de leur lieu de travail, mais n'hésitent pas à traverser le département matin et soir pour s'y rendre », a introduit Baptiste Bize. « Sur la Méditerranée, ce ne sont pas les kilomètres qui comptent, mais le temps de trajet », a rebondi Laurent Lachkar. Une des particularités du département, notent les intervenants, c'est que l'autoroute y sert pour les trajets du quotidien.

« Tout le monde sait qu'il y a souvent des embouteillages sur l'A8, mais ça s'explique notamment parce qu'ici, il n'y a quasiment pas d'alternative à l'autoroute, contrairement à d'autres territoires, illustre Eric Meneroud. En dehors de l'autoroute, point de salut. » Selon le directeur opérationnel de l'infrastructure Vinci Autoroutes, 150 000 véhicules passent tous les jours sur le pont du Var, un record. « On doit gérer tous les jours de nombreux événements, parfois totalement anecdotiques, parfois beaucoup plus graves. Mais chaque événement a un gros impact sur la circulation. La moindre panne, le moindre accrochage a immédiatement des conséquences très importantes. »

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Des trajets quotidiens marqués par l'autosolisme et la mixité

Dans le département, le taux d'autosolistes dépasse les 80 %, avec en moyenne 1,4 occupant par véhicule, ce qui correspond peu ou prou au niveau national. « Une autre particularité du territoire, c'est que dans le train, en rentrant de Monaco, il y a des gens en costume qui côtoient des touristes avec des serviettes et des bouées, enchaîne Anthony Dupont. Les infrastructures sont utilisées à la fois par les touristes et par les travailleurs. »

« Il y a aussi une grosse variation d'un jour à l'autre, en fonction de l'activité scolaire. C'est par exemple beaucoup plus facile de circuler le mercredi et le samedi », ajoute Laurent Lachkar. Concernant les véhicules électriques, « on en voit de plus en plus, affirme Anthony Dupont. En France, 3,5 % des voitures qui roulent sont électriques. Mais les Alpes-Maritimes, après l'Île-de-France, c'est le département de France où il y en a le plus : 5,5 %. Alors ça ne va pas résoudre le problème des embouteillages, mais c'est déjà bien pour la décarbonation. Et un embouteillage de véhicules électriques reste moins polluant et moins bruyant qu'un embouteillage de véhicules thermiques. »

Bornes de recharge, covoiturage et autoroute du futur

« Il faut régler la question des bornes de recharge des voitures électriques avant toute chose, prévient Anthony Dupont. La Métropole de Nice fait d'ailleurs partie des collectivités les plus en avance sur ce sujet, ce qui a permis à de nombreux Maralpins de sauter le pas rapidement. » « Les politiques publiques peuvent donc avoir un impact », réagit Baptiste Bize. Et le covoiturage ? « Ça peut aussi être une solution, par exemple pour les parents qui emmènent leurs enfants à l'école, détaille Laurent Lachkar. Et en ce qui concerne le transport de marchandises, pour les derniers kilomètres, les drones peuvent aussi être une solution intéressante. »

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« La route assure 9 déplacements sur 10, que ce soit pour le déplacement de voyageurs ou pour le déplacement de marchandises, rappelle de son côté Eric Meneroud. Le taux est constant depuis des décennies. L'amélioration des conditions de déplacement ne pourra donc se faire sans la route. » Avant de dégainer ses solutions : « Il faudrait déjà respecter le Code de la route. Les accrochages sont souvent dus à des comportements individuels inadéquats. Et globalement, on doit aller vers une utilisation plus collective de l'autoroute. Faire des parkings de covoiturage, réserver des voies pour les bus… À plus long terme, on peut imaginer l'autoroute du futur, qui serait 100 % électrique, ponctuée de pôles d'échanges multimodaux. L'autoroute de demain sera beaucoup plus collective, plus résiliente. Elle pourrait être une épine dorsale sur laquelle viendraient se connecter d'autres modes de transport. »

Urbanisation galopante, problèmes de stationnement, métro entre Nice et Monaco, navettes fluviales, limites de l'énergie nucléaire... Les sujets liés à la mobilité n'ont pas manqué lors de cette conférence, tant la problématique est prégnante dans le département.