Depuis son inauguration le 6 août, l'installation solaire sur les Champs-Élysées ne désemplit pas. Les touristes, français comme étrangers, se pressent pour admirer ces structures photovoltaïques qui transforment la plus belle avenue du monde en vitrine de la transition énergétique. Selon la mairie de Paris, plus de 10 000 visiteurs ont déjà arpenté le site en une semaine, soit une augmentation de 30 % de la fréquentation comparé à la même période l'an dernier.
Un projet ambitieux au cœur de Paris
Cette installation, composée de 1 200 panneaux solaires répartis sur 2 500 mètres carrés, a été pensée pour produire de l'électricité verte tout en offrant de l'ombre aux passants. Elle s'inscrit dans le plan climat de la capitale, qui vise à réduire de 50 % les émissions de gaz à effet de serre d'ici 2030. Le projet, porté par la Ville de Paris en partenariat avec EDF, a nécessité un investissement de 4 millions d'euros, financé à 60 % par des fonds publics et à 40 % par des mécènes privés.
Un engouement touristique inattendu
Les touristes interrogés se disent impressionnés par l'audace du projet. « C'est la première fois que je vois des panneaux solaires sur une avenue aussi prestigieuse, confie Maria, une touriste espagnole. C'est à la fois beau et utile, cela donne une image moderne de Paris. » Même enthousiasme chez les commerçants du quartier, qui constatent une hausse de leur chiffre d'affaires de 15 % depuis l'ouverture. Les restaurants et cafés installés à proximité affichent complet, et les hôtels du secteur enregistrent un taux d'occupation de 95 %.
Un symbole pour la transition énergétique
Au-delà de l'attrait touristique, cette installation est un symbole fort pour la transition énergétique. Elle devrait produire 1,2 GWh par an, soit l'équivalent de la consommation électrique de 400 foyers. « C'est une démonstration que les énergies renouvelables peuvent s'intégrer dans le patrimoine urbain le plus emblématique », souligne Jean-Louis Missika, adjoint à la mairie de Paris chargé de l'urbanisme. Les panneaux, fabriqués en France, dans l'usine de la société Sillia VL, à Rousset, dans les Bouches-du-Rhône, ont été conçus pour résister aux intempéries et au vandalisme.
Des retombées économiques et écologiques
Les retombées économiques pour la ville sont également notables : la taxe de séjour a augmenté de 20 % par rapport à l'été précédent. Sur le plan écologique, l'installation évite l'émission de 200 tonnes de CO2 par an, soit l'équivalent de ce que rejettent 100 voitures particulières. Les ombrières offrent également un confort appréciable aux promeneurs, qui trouvent un peu de fraîcheur sous les panneaux lors des fortes chaleurs.
Un succès qui appelle à d'autres projets
Devant ce succès, la mairie envisage déjà d'étendre le dispositif à d'autres sites parisiens, comme la place de la République ou le long des berges de Seine. Une pétition en ligne, lancée par des associations écologistes, a déjà recueilli plus de 50 000 signatures pour demander la généralisation de ce type d'équipements dans toute la capitale. Le projet, qui devait initialement être démonté après les Jeux Olympiques de 2024, pourrait finalement être pérennisé. Selon un sondage Ifop réalisé fin juillet, 78 % des Parisiens se disent favorables au maintien de l'installation.
Des critiques malgré tout
Malgré cet enthousiasme, quelques voix s'élèvent pour dénoncer une opération de communication. Des associations de défense du patrimoine dénoncent une « pollution visuelle » et un « dévoiement » de l'avenue des Champs-Élysées. Mais pour la mairie, l'installation est un « compromis réussi » entre modernité et tradition. Des visites guidées sont désormais proposées chaque week-end pour expliquer le fonctionnement des panneaux et sensibiliser le public aux énergies renouvelables. Plus de 2 000 personnes y ont déjà participé.



