Monique Barbut, ministre déçue de la transition écologique
Monique Barbut, ministre déçue de la transition écologique

Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, a confié au Monde ses profondes désillusions concernant l'avancement des politiques environnementales en France. Selon elle, les blocages politiques et les intérêts économiques freinent considérablement les réformes nécessaires pour répondre à l'urgence climatique.

Un constat amer après des mois de mandat

Nommée en juillet 2025, Monique Barbut dresse un bilan mitigé de son action. Elle estime que seulement 30 % des mesures prévues dans la feuille de route écologique ont été mises en œuvre. « Je pensais pouvoir avancer plus vite, mais les résistances sont immenses », a-t-elle déclaré.

La ministre pointe du doigt les lourdeurs administratives et les oppositions au sein même du gouvernement. Elle regrette notamment que le projet de loi sur la restauration de la nature, pourtant adopté au Parlement européen, soit bloqué au niveau national par des lobbies agricoles.

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Les causes des désillusions

Parmi les principaux obstacles, Monique Barbut cite la pression des groupes d'intérêts économiques, en particulier dans les secteurs de l'énergie et de l'agriculture. « Dès que l'on touche aux subventions aux énergies fossiles ou aux pesticides, les pressions sont telles que le gouvernement recule », explique-t-elle.

Elle dénonce également un manque de volonté politique au plus haut niveau. Selon elle, les engagements pris lors des COP ne sont pas suivis d'effets concrets. « On parle beaucoup, mais on agit peu. Les discours ne suffisent plus », insiste-t-elle.

Un appel à la mobilisation citoyenne

Face à ces blocages, Monique Barbut appelle les citoyens à se mobiliser davantage pour faire pression sur les décideurs politiques. « La transition écologique ne se fera pas sans une prise de conscience collective et une exigence populaire », affirme-t-elle.

Elle cite l'exemple des marches pour le climat, qui ont rassemblé des centaines de milliers de personnes en France, mais dont l'impact sur les décisions politiques reste limité. « Il faut passer à l'étape supérieure : la désobéissance civile non violente, comme le font certains mouvements écologistes », suggère-t-elle.

Un avenir incertain pour la transition écologique

Interrogée sur son avenir au gouvernement, Monique Barbut n'exclut pas de quitter ses fonctions si les réformes continuent d'être bloquées. « Je ne resterai pas pour être un alibi. Soit on fait vraiment de l'écologie, soit je m'en vais », prévient-elle.

Cette déclaration intervient alors que la France est sous le coup d'une procédure de l'Union européenne pour non-respect de ses engagements climatiques. Le pays doit réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 40 % d'ici 2030 par rapport à 1990, un objectif que Monique Barbut juge « difficilement atteignable sans des mesures radicales ».

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